Please, Touch The Artwork 2

[TEST] Please, Touch The Artwork 2

Please, Touch The Artwork 2, le concept est de retour ! Après l’art moderne, Thomas Waterzooi vous propose une ballade dans un univers expressionniste, celui de James Ensor, peintre belge avant-gardiste de la fin du XIXe siècle.

Jeu : Please, Touch The Artwork 2 Genre : cherche et trouve Studio : Studios Waterzooi Editeur : Thomas Waterzooi Date de sortie : 19 février 2024 Plateformes : PC Windows, Android, iOs PEGI 7 Prix conseillé : Gratuit solo Testé sur : PC (Clé fournie par l’éditeur)

Please, Touch The Artwork 2 : une déambulation

Dans son premier opus, Waterzooi nous proposait de jouer avec les lignes, les couleurs et les symboles de tableaux abstraits dynamiques, à travers 160 puzzles plutôt corsés.

La proposition de Please, Touch The Artwork 2 est bien différente. Il vous emmène dans une promenade contemplative dans la peau d’un squelette – qui représente l’artiste lui-même – à travers les tableaux de James Ensor. Les ambiances, les lumières et les couleurs vous intrigueront par leur étrangeté, leur grotesque, leur humour, leur beauté. Sortez de votre sépulcre, enfilez votre plus beau costume, n’oubliez pas vos pinceaux et entamez cette ballade visuelle et sonore.

Canard tabagique, cadavres belliqueux, crânes fleuris, bienvenue dans l’univers de James Ensor.

Qui est James Ensor ?

James Ensor (1860-1949) ne faisait rien comme les autres. En butte avec l’académisme et les carcans de la société belge (notamment ceux de l’Église catholique), cet anarchiste patenté faisait de l’expressionnisme quand la mode était au symbolisme. Il utilisait des couleurs jugées trop violentes, des lumières trop franches aux yeux de ses contemporains et ses peintures ont été qualifiées, en leur temps, de « brouillonnes »… La faute aux effets de texture et aux épaisseurs de matière dont il couvrait ses toiles et qui donnent une impression de flou, où les couleurs et les formes se fondent les unes aux autres. Peintre, dessinateur, graveur, musicien, il a laissé derrière lui une œuvre prolifique et irrévérencieuse.

Please, Touch The Artwork 2 : une œuvre irrévérencieuse

La reconnaissance est arrivée bien tard à son goût et il a quitté la peinture comme on claque une porte, pour se consacrer à la musique… qu’il ne savait par ailleurs ni lire ni écrire. Cela ne l’a pas empêché de produire plusieurs compositions, dont un pantomime, La Gamme d’Amour, sur l’harmonium qui trônait alors dans son atelier, avec l’aide de quelques amis de passage qui transcrivaient sa musique sur papier.

Son travail est resté dans l’histoire, avec des œuvres-phares comme L’entrée du Christ à Bruxelles, ou encore L’intrigue, où se croisent son goût pour le ciel et la mer, la liesse populaire, les masques, les « chinoiseries » et la musique. Il a également créé de nombreuses natures mortes jugées peu conventionnelles pour son époque, intimistes et dérangeantes.

Point & click, cherche et trouve

Vous plongerez donc dans les ambiances de ce peintre fantasque, à travers une petite série de cherche-et-trouve qui ne vous posera aucune difficulté, en une demi-heure de jeu. Waterzooi détourne les oeuvres d’Ensor de manière cocasse et poétique, comme un voyage dans le temps et l’espace de la vie du peintre, qui a vécu, quasiment de sa naissance à sa mort, sur les rives d’Ostende, entre les bains bourgeois de la plage, son carnaval et ses intérieurs feutrés.

Il faudra trouver des chats éparpillés dans la ville, débusquer des moustaches, des croix catholiques ou encore des bouteilles pour enivrer le poivrot du coin. Ces séquences réparties en cinq chapitres – une introduction, la ville, la nature-morte, le mariage et l’épilogue – sont entrecoupées de minis-jeux qui consistent à former des figures en un seul trait pour réparer des toiles déchirées, jouer un air au piano ou trouver des différences entre deux images. La main squelettique du peintre se ballade sur les toiles, pour tripoter, relever, dégoter, pianoter.

Please, Touch The Artwork 2 : trouver les différences

Les différents tableaux sont animés et habillés de musiques contemporaines du peintre, avec Erik Satie, Claude Debussy, Pierre Degeyter… et quelques morceaux d’Ensor lui-même.

Conclusion

Avec Please, Touch The Artwork 2, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir l’œuvre d’Ensor. Si le premier opus était une approche dynamique de l’art abstrait, ce second jeu vous offre une contemplation, une promenade calme et sans prise de tête, où il n’y a qu’à regarder, observer, détailler. Véritable petit musée ludique, c’est une expérience légère et vibrante. J’aurais toutefois apprécié en apprendre davantage sur la vie d’Ensor et la création de ses toiles. Quelques infos biographiques et techniques auraient été bienvenues !

Le jeu est court, gratuit et sa page Steam propose même une démo.

Enfin, je vous propose une vidéo qui vous présente chaque œuvre, avec son nom et sa date de création. Faites grandir, vous aussi, votre culture générale !

Please, Touch The Artwork 2

Graphismes
7
Histoire
5
Bande son
7
Gameplay
5
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Les +
Une découverte originale d'un peintre et de son univers
Un jeu court et gratuit !
Les -
Un gameplay peu varié
6