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[TEST] The Precinct, une ambiance rétro pour un jeu d’action à potentiel limité

The Precinct, ou le commissariat en français, nous met dans la peau d’un flic dont le père a été assassiné lors d’une patrouille. Une seule chose vous anime, faire la lumière sur cette affaire et trouver ses assassins.

Jeu : The Precinct Genre : Action / Bac à sable / RPG Studio : Fallen Tree Games Editeur : Kwalee Date de sortie : 13 mai 2025 Plateformes : PC Windows, PS5, Xbox Series PEGI 18 Prix conseillé : 39,99€ solo Testé sur : PS5 (Clé fournie par l’éditeur)

The Precinct, l’âme sombre d’Averno City : un voyage dans les années 80

The Precinct ou l’univers chaotique d’Averno City, une métropole fictive de la côte Est américaine en 1983, directement inspirée du New York turbulent des années 80. Cette ville, baignée dans une atmosphère néon-noir captivante, est rongée par la criminalité et dominée par des gangs impitoyables qui se disputent le contrôle des rues.

Dans ce décor urbain fascinant, vous incarnez Nick Cordell Jr., un jeune officier fraîchement sorti de l’académie, portant le lourd héritage de son père, ancien chef de police assassiné dans l’exercice de ses fonctions. Votre mission est double : maintenir l’ordre dans une ville au bord du chaos et, plus personnellement, résoudre le mystère entourant la mort de votre père. Ce contexte narratif puissant sert de toile de fond à une expérience de jeu qui mêle habilement action, procédure policière et enquête.

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L’équipe

Une mécanique de jeu avec une bonne approche

The Precinct propose une approche rafraîchissante du genre policier avec sa vue descendante rappelant les premiers GTA, tout en y ajoutant une dimension de simulation policière rarement explorée. En effet, le jeu vous invite à patrouiller dans un monde ouvert dynamique, que ce soit à pied, en voiture ou même en hélicoptère.

L’originalité de The Precinct réside dans son attention aux détails procéduraux. Vous devrez non seulement intervenir sur des crimes variés, allant des infractions mineures aux fusillades sanglantes, mais aussi respecter les procédures policières authentiques : lire les droits aux suspects, remplir des rapports et appeler des renforts quand la situation l’exige. Ce système est enrichi par un cycle jour/nuit réaliste, une météo dynamique et un générateur procédural de crimes qui garantit une expérience unique à chaque partie, mais qui n’échappe pas pour autant à une certaine redondance.

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Scène de meurtre

Ceci dit, la redondance se fait vite oublier lorsque l’inspecteur vous appelle et vous demande de trouver des indices sur les lieux des crimes. Sympathique, mais bien trop court et trop facile pour y prendre vraiment du plaisir et changer de gameplay. Le seul mérite réside à ajouter un autre fil conducteur à des journées qui auraient pu être réellement répétitive. Le soucis premier du studio.

Bien qu’il soit aussi vendu comme un bac à sable : vous pouvez faire des courses de voitures, de vitesse ou encore chercher des artefacts volés dans toute la ville ; j’ai eu plutôt tendance à me concentrer sur l’obtention d’XP afin de débloquer plus de possibilité de gameplay, une meilleure santé, des aides pour les missions, etc. Donc j’ai principalement suivi les journées de quart imposées pour également récupérer des indices sur les figures importantes des gangs.

Les missions sont tout de même variées et sont surprenantes par l’échelle de difficulté. Alors que certaines fois, des individus vont se rendre d’eux même et votre partenaire vous assiste de la manière la plus efficace. D’autres missions se passent avec beaucoup plus de difficulté. 2 gangs opposés de 3 personnes de chaque côté se tirent dessus et vous prennent aussi pour cible, puis d’un cou^si vous ne les tuez pas, se dispersent à 6 endroits différents. Il faut avoir la présence d’esprit d’appeler des renforts, mais encore faut-il avoir des points pour le faire. Votre coéquipier vous suit alors que vous courser déjà quelqu’un au lieu de courser quelqu’un d’autre… Et pour couronner le tout : ils partent en voiture, alors que votre mission est de patrouiller à pied… Rien n’est fait pour aider.

Mais je dois dire que ça ne manque pas d’adrénaline et les journées d’astreintes passent très rapidement.

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Petit embouteillage

Les forces et les faiblesses de The Precinct

Moins d’une quinzaine d’heures pour finir le jeu, sans pousser les défis annexes jusqu’au bout. Le jeu se fait une place comme une suite logique à Beat Cop et un GTA premier du nom. Un jeu indépendant avec du potentiel, une promesse bac à sable pas vraiment tenue, mais une ambiance néon-noir parfaite.

Un jeu procédural qui permet de ne pas tourner en rond et de ne pas s’ennuyer, même si parfois la difficulté alternante entre trop facile ou trop dure est surprenante.

Une histoire pas vraiment originale, là où j’aurais aimé plus de background comme dans This is The Police. Nous sommes le fils du gars qui s’est fait abattre, ok mais encore ? On ne s’attache même pas à notre personnage, il m’a fallu deux dialogues pour comprendre la tête que j’avais.

Et pourtant l’ambiance polar comme un bon Black Sad y est. Des voitures que j’ai vues comme les Micro Machines de mon enfance, et pourtant avec une maniabilité catastrophique, tantôt un tank tantôt une savonnette, si bien que j’ai vite lâché l’affaire des courses underground n’y prenant aucun plaisir et trop frustrantes.

Bien meilleur qu’un Police Simulator: Patrol Officers, et pourtant pas assez complet en termes de procédure ou de possibilité de missions plus diverses. Bien que parfois, il soit difficile de s’occuper de plusieurs individus en même temps, difficile de prendre le temps de faire un rapport à l’un, lorsque l’autre tente déjà un car-jacking pour s’échapper.

On est beaucoup plus dans l’action, les temps de pauses sont quasi inexistantes, sauf si l’on refuse tous les appels du central.

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Patrouille en hélico

Dans les coulisses : la vision passionnée de Fallen Tree Games

Fallen Tree Games s’est lancé dans l’aventure The Precinct fin 2019, juste après avoir terminé American Fugitive. Comme l’expliquent les développeurs : « Il était probablement inévitable que nous nous posions la question suivante : qu’est-ce que ça donnerait d’inverser le scénario et de voir les choses du point de vue d’un flic ? » Cette simple réflexion a donné naissance à un projet ambitieux qui aura nécessité six années de développement.

Le parcours n’a pourtant pas été sans embûches. L’équipe restreinte, composée initialement de quatre personnes, a dû faire face à la pandémie mondiale, à une transition vers le travail à distance et aux défis éthiques soulevés par les événements comme le meurtre de George Floyd. Malgré ces obstacles, Fallen Tree Games a persévéré, motivé par sa vision originelle : « recréer le frisson d’un film policier classique des années 80 dans un bac à sable interactif. » Le résultat est un jeu qui trouve un équilibre délicat entre action effrénée et procédure policière réaliste, entre destruction chaotique et narration émotionnelle, abordant des thèmes profonds comme la corruption, la loyauté et la justice.

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Cordell et kelly

The Precinct, un nième jeu de flic ?

Même si l’histoire n’est pas originale, la force du titre du studio Fallen Tree Games réside dans sa mécanique de gameplay. Le jeu fait penser à GTA aux premiers abords, mais on l’oublie vite, car même si le jeu se défini lui-même comme du bac à sable, on est vite rattrapé par le cadre du jeu qui ne nous permet pas de faire autre chose que ce qui est prévu par le studio.

Pas de possibilité de discuter avec des collègues de bureau, pas de possibilité de nouer des relations ou d’avoir des indices autres qu’en faisant des missions bien définies. Dommage. À côté de ça, l’ambiance du jeu et les musiques sont parfaites. On se retrouve réellement dans un polar des années 80, avec des graphismes superbes. Je ne me suis pas lassée de parcourir la ville.

Dans The Precinct tout se résume finalement à un « c’est génial, mais ç’aurait pu être mieux ». On sent le manque de moyens et c’est vraiment dommage. Je peux tout à fait le comprendre ayant trouvé un peu de contexte sur la réalisation du jeu. J’espère toute fois un The Precinct 2 beaucoup plus complet et jusqu’au-boutiste.

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[TEST] The Precinct, une ambiance rétro pour un jeu d’action à potentiel limité
Graphismes
8
Histoire
5
Bande son
7.5
Gameplay
7.5
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0
Les +
L'ambiance polar des années 80
Les graphismes sublimes et bonne bande son
Les -
Une histoire banale
De bonnes idées pas poussées jusqu'au bout, faute de moyens
7