Cover

[TEST] Rune Factory : Guardians of Azuma

Annoncé en septembre 2024, Rune Factory : Guardians of Azuma est un action-RPG couplé à de la simulation de vie et de la gestion. Pour la première fois, on découvre un monde aux inspirations résolument japonaises. Les personnages ont un design manga et le gameplay opère un léger virage par rapport à la formule initiale qui se concentrait auparavant plus sur la ferme. Mon dernier Rune Factory remonte à Rune Factory : A fantasy harvest moon sur Nintendo DS, donc j’avais hâte de voir l’évolution de la série. Et quelle meilleure occasion que la version Switch 2 pour inaugurer le premier test de la console sur Gamejima !

Jeu : Rune Factory : Guardians of Azuma Genre : Action / RPG Studio : Marvelous Editeur : Marvelous Date de sortie : 5 juin 2025 Plateformes : PC Windows, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2 PEGI 16 Prix conseillé : 59,99€ solo Testé sur : Switch 2(Clé fournie par l’éditeur)

Rune Factory : Guardians of Azuma, plongée classique dans un monde qui attend sa renaissance

Les premiers pas dans RFGA rappellent un certain Genshin Impact. Ici, pas de personnalisation. Après avoir sélectionné le sexe du personnage, sa date de naissance et son nom, le jeu s’ouvre sur un combat titanesque entre deux dragons, chacun accompagné par votre protagoniste contre son alter-ego du sexe opposé.
À vrai dire, on n’en saura pas vraiment plus parce qu’après un choc frontal trahissant une mise en scène vue et revue, voilà le personnage qui se réveille. Ce n’était donc qu’un rêve ? Mon petit doigt et les centaines d’histoires similaires me disent que vu son amnésie, probablement pas.
On va passer les détails, mais en résumé : la région d’Azuma est ravagée par le Fléau. Les terres sont désolées et la population peine à survivre. Vous incarnez le danseur tellurique, héros ou héroïne qui sauvera le monde avec l’aide de votre mout… euh, dragon. En guise de tutoriel, vous déambulez dans le village printanier avec son lot de PNJ qui vous enseigneront les premières mécaniques de jeu. Par la suite, d’autres villages et régions s’ouvriront à vous, multipliant les ambiances au fil des saisons.

Des performances enfin à la hauteur pour une technique perfectible


Certes, la remarque s’adresse davantage à la console en elle-même. Mais qu’est-ce que ça fait du bien de jouer à 60 FPS de manière relativement stable ! Entendez par là que les FPS vont baisser deux secondes, le temps de terminer de charger la zone. Pas vraiment de quoi râler en sachant que les temps de chargement prennent cinq secondes à tout casser. Pour le reste, le jeu est fluide en docké et en nomade, parfait pour jouer n’importe où, sans contrepartie.

Bien sûr. Nous ne sommes pas encore sur un jeu au rendu parfait. On a des textures floues, et ce, dès les premières secondes quand on s’attarde sur les vêtements des personnages. Heureusement, dans le feu de l’action, ça ne choque pas autant, si ce n’est que les décors restent loin d’autres titres aux détails bien plus fournis. Ajoutez à ça, des PNJ au loin qui se déplacent de manière un peu saccadée ou bien qui apparaissent soudainement.

En résumé, le jeu tourne sans sourciller sur la console, mais est desservi par une technique plus austère, sans être catastrophique.

Le chef de village bon à tout faire


Très vite, votre protagoniste se retrouve à la tête du village. On l’a bien compris, on va faire tout le boulot pendant que les PNJ vont se dorer la pilule en attendant qu’on sauve le monde. Vous avez de nombreuses tâches à gérer et c’est là où on remarque que Rune Factory : Guardians of Azuma enclenche un léger virage dans la philosophie de la série. Là où les précédents jeux mettaient en avant la gestion de vos cultures, on s’oriente davantage dans la construction.

Embellir les villages pour restaurer la puissance des divinités

Chaque village a son score de beauté, un chiffre indiquant l’attractivité des lieux. Comment l’améliorer ? En construisant pardi ! Dans les différents villages, vous disposez de zones constructibles. D’un clic sur la gâchette, on passe en mode construction qui met en pause l’horloge et fait apparaître un quadrillage.

À partir de là, on construit des bâtiments, on pose des sols pour cultiver des légumes et des fruits, on construit des routes. Chaque élément posé contribue au score du village, même si c’est posé n’importe comment. Rapidement, on se prend au jeu et on décore le village sans réellement savoir à quoi correspondent certaines étiquettes sur les objets. Et ce détail qui semble anodin, se retrouve un peu partout dans le gameplay. Le tutoriel n’explique pas toujours tout et certains concepts ne sont juste pas expliqués.

Par contre, là où le titre est agréable,c’est dans la rapidité à laquelle les actions sont réalisées. Arroser les plantes, planter, construire, tout est très rapide et non ralenti par une animation interminable qu’on verra plusieurs centaines de fois sur toute la partie.

Petit tips : il y a une vue sur le dessus en appuyant sur le stick droit. Cette dernière permet de réaliser toutes les actions sans avoir à s’embêter avec des animations. C’est en quelque sorte un mode Gestion qui accélère tout et qui rend la boucle de jeu d’autant plus agréable.
Petit point noir : Lorsqu’il faut fabriquer un objet, chez le forgeron ou le charpentier, on a le droit à un écran noir le temps de la fabrication. C’est un peu à l’image du jeu globalement, ça manque d’un petit coup de polish pour parfaire l’expérience. Juste une animation à l’écran aurait suffi à habiller ce petit temps mort somme toute inutile.

Autre souci qui concerne la boucle de gameplay en elle-même. Chaque village a son score et ses lieux de culture. On se retrouve donc tous les débuts de journée à passer par chacun d’entre eux pour arroser ou récolter ses fruits et légumes. Redondant à souhait et en même temps, si on joue à Rune Factory, on est bien obligé de passer par là, n’est-ce pas ? Ce serait bien s’il y avait une fonctionnalité d’automatisation non ?

Bien s’entendre avec le voisinage

En parallèle de la gestion de villages, vous aurez tout le loisir de faire connaissance avec vos voisins. Les personnages sont globalement attachants, stéréotypes d’anime classiques, mais efficaces. Leur parler tous les jours et passer du temps avec eux augmentera leur niveau d’affection. Chaque niveau apportera de nouvelles possibilités d’interaction, même si ces dernières restent limitées. Certaines quêtes de personnage se débloqueront progressivement pour développer leurs histoires. Et qui sait, vous pourriez trouver l’amour auprès de ces personnages attachants au design particulièrement réussi. Enfin, dernière note appréciable, vous pouvez les embarquer dans votre équipe pour partir à l’aventure ! Chaque PNJ a un rôle, des équipements, à vous de constituer une équipe équilibrée.

À l’aventure, compagnons


Abordons le côté Action-RPG de Rune Factory : Guardians of Azuma. Lorsque vous sortez des villages, vous pouvez amener jusqu’à trois compagnons (et plus en progressant dans l’histoire). Ces personnages seront contrôlés par l’IA. Malheureusement, les villageois que vous n’amenez pas avec vous n’aurons pas leur niveau automatiquement égalisé. Il va falloir un peu tourner ou bien toujours prendre les mêmes avec vous (j’ai opté pour la deuxième option). De toute façon, ce qui nous intéresse, c’est notre danseur tellurique.

Un système de combat classique

À votre panoplie d’armes, on a le choix entre épée courte ou longue, un arc, un marteau, des talismans de lancés, des lames jumelles. Bref, il y en a pour tous les gouts, d’autant plus qu’il est possible d’équiper une arme principale et une arme secondaire pour pouvoir alterner rapidement dans le feu de l’action. Pour le reste, chaque arme dispose d’un combo d’attaque, et d’une attaque chargée. Et ce serait tout s’il n’y avait pas également les trésors sacrés parmi lesquels naviguer à partir d’une roue de sélection rapide.
Chaque trésor sacré est une arme qui dispose également de son combo, en plus de deux compétences utilisables lorsque vous avez les ressources suffisantes. Heureusement que les trésors sacrés sont là, car ils diversifient un peu plus les combats tout en apportant une touche élémentaire face aux faiblesses des ennemis. Sur les vingt premières heures de jeu, je n’y ai sincèrement pas fait attention, utilisant simplement ce qui me plaisait parce qu’honnêtement, le jeu est facile, même en mode normal. Ce n’est que passé un cap dans l’histoire que la difficulté fait un petit bond qui demande un peu plus de vigilance.

De la personnalisation qui manque de profondeur

Qui dit RPG dit système de progression. On va passer rapidement sur les armes pour lesquelles on passe le minimum de temps, se contentant de forger la meilleure disponible. On est loin de jeux proposant de builds complexes, ça c’est sûr. Même constat à propos des arbres de compétence.

Les arbres de compétence, j’adore parce que ça donne vraiment l’impression de progresser. Dans Rune Factory : Guardians of Azuma, on n’a pas cette sensation. Passé les premiers nœuds qui débloquent des compétences ou attaque chargée, le reste des nœuds ne sont finalement que des statistiques ou “telle attaque est plus puissante”. C’est plat, on ne débloque pas de nouveau mouvement, pas de nouvelle possibilité, si bien que l’excitation que peut procurer l’achat d’un nouveau nœud dans un arbre de compétence se trouve diminuée.

Pourtant, tout est sujet à amélioration. Vous cuisinez ? Vous gagnez des points pour l’arbre de cuisine. Vous interagissez avec les PNJ ? Des points pour débloquer de nouvelles possibilités sociales. C’est un bon point à noter : toutes vos actions vous donneront de l’expérience. On n’a donc pas peur de n’avoir pas assez fait telle chose pendant une journée, car dans tous les cas, vous aurez gagné de l’expérience d’une manière ou d’une autre.

Rune Factory : Guardians of Azuma - L'arbre de compétence du développement personnel
Il y a de nombreux arbres de compétence

Un monde à purifier


Votre but est de purifier le monde du fléau. Pour se faire, vous allez voyager aux quatre coins d’Azuma mais aussi dans les airs à dos de dragon. Les actions de purification rappellent Okami, lorsqu’on fait fleurir les arbres morts. Par la suite, on purifie des bourgeons violets. Puis verts. Puis rouge. Vous l’aurez deviné, on ne croule pas sous l’originalité. Chacun de ces bourgeons se purifient avec un trésor sacré différent.
Parlons maintenant des environnements qui sont pour ainsi dire, plutôt vides. Pas de construction de niveau complexe ou autre, on est plutôt sur des zones horizontales avec quelques reliefs. Et passé une dizaine d’heures, on commence à croiser des ennemis un peu recyclés à la couleur différente.

Si l’idée d’explorer des îles célestes flottantes est bonne à première vue, on est malheureusement sur le même constat. Les îles n’ont pas de réel intérêt et se parcourent en quelques minutes. Pour allonger un peu l’exploration, il y a des donjons à faire pendant l’histoire. Certains ont un petit twist original, mais ces derniers restent de simples couloirs à vider de leurs monstres, ni plus, ni moins.

Rune Factory : Guardians of Azuma, à la hauteur ?

Il faut bien admettre que je suis plutôt mitigé face à ce Rune Factory : Guardians of Azuma. Je pourrais encore énumérer plein de choses qui ne vont pas et pourtant, je n’arrive pas foncièrement à le détester. Le jeu propose plein de bonnes idées. Les trésors sacrés ont chacun un pouvoir utile sur l’exploration ou le jardinage. Toutes les actions ont un impact sur l’expérience gagnée en fin de journée, si bien qu’on ne perd jamais de temps à ne “rien” faire. Malheureusement, il est desservi par la réalisation qui n’est pas à la hauteur, que ce soit en termes d’histoire classique ou dans la profondeur de son gameplay. J’attendais sûrement beaucoup plus du premier jeu pour inaugurer la Nintendo Switch 2, mais le constat est là. Si on doit faire l’analogie dans un RPG, Rune Factory : Guardians of Azuma, c’est le personnage ultra polyvalent mais qui n’excelle dans aucun domaine en particulier.

Graphismes
7.5
Histoire
6.5
Bande son
7
Gameplay
7
Durée de vie
9
Passe la souris sur la barre pour noter le jeu0 Note
0
Les +
Un jeu très fluide qui tourne à 60 FPS quasiment tout le temps
Des temps de chargement rapides
La variété d'activité à faire
Une durée de vie solide
Une bonne accessibilité
Les -
Les quêtes fedex
Les animations gestuelles limitées pendant les discussions
Un manque de profondeur de l'ensemble
Les combats et l'exploration inintéressants
7.4