Sorti sur PC en 2022, Roadwarden est un jeu narratif créé par le studio indépendant Moral Anxiety Studio. Il s’est fait remarquer pour son univers sombre et son approche originale centrée sur du RPG textuel. Aujourd’hui, on s’intéresse à sa sortie sur Nintendo Switch, pour voir si l’expérience fonctionne aussi bien en version portable.
Sommaire
Roadwarden, un voyage textuel qui débute avec une barrière
Pour vous mettre dans le contexte, je suis un habitué des jeux en anglais. Plus que ça, ce sont les RPG tels que Final Fantasy 4-5-6 qui m’ont appris la langue de Shakespeare pendant mon adolescence. C’est donc avec assurance, que je peux affronter des jeux assez verbeux comme des Persona, bien que l’anglais employé ne soit pas le plus littéraire.
Mais là, ce qui est proposé est d’un autre niveau. L’anglais utilisé dans Roadwarden est riche. Complexe par moment, déroutant lorsqu’il s’agit de tenter de comprendre l’accent de certains paysans. En l’absence de traduction officielle, il n’y a pas d’autres choix que d’y aller à tâtons. Ça peut rebuter, mais la richesse des textes vaut clairement l’effort.
![[TEST] Roadwarden, une histoire à prendre au mot 54 Roadwarden - Rencontre sur le bord de la route](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/08/roadwarden-conversation.jpg)
Mes premiers pas de Roadwarden
J’incarne Leto, un roadwarden envoyé par le gouvernement d’Hovlavan. On m’a donné 40 jours pour déterminer si la péninsule que je vais explorer et ses habitants ont un intérêt à être intégrés au commerce de la cité.
Après un long voyage, j’arrive devant un camp, la porte entrouverte. Je choisis de regarder à l’intérieur et tombe sur le lieutenant Yulia et un soldat. La conversation a l’air banale, mais peu à peu, elle m’apprend énormément sur le monde : au nord-ouest, un village de morts-vivants, au nord une zone plus sûre, et à l’est un tunnel mystérieux.
C’est ça qui m’a marqué dans ce jeu : le monde se révèle petit à petit, au fil des discussions et des choix, comme un puzzle qu’on assemble lentement.
Vivre un “livre dont vous êtes le héros”
Roadwarden, c’est clairement l’équivalent vidéoludique d’un livre dont tu es le héros. Les choix sont nombreux, et chacun façonne ton aventure. Le premier d’entre eux est la classe, à choisir entre guerrier, mage et érudit. Comme toujours, chacune a ses avantages et ses inconvénients.
Par exemple, le guerrier est un combattant né. Par contre, il est incapable de lire des messages inscrits sur des murs, contrairement l’érudit dont le savoir aide à se sortir de nombre de situations. Les évènements ne sont pas aléatoires, on tombe sur les mêmes d’une partie à l’autre. Par contre, c’est le personnage qu’on construit qui donne l’unicité de notre quête.
À cela s’ajoute la possibilité de choisir sa religion (église unifiée, ordre de la vérité, fidélité à ta communauté, simple païen ou athée) et même un objectif personnel à accomplir. Ces choix ne sont pas juste décoratifs : ils influencent la manière dont les personnages nous perçoivent et le déroulement de l’histoire.
Pour ma première partie, j’ai incarné Leto, un érudit païen au savoir considérable, ce qui m’a facilité l’accès à de nombreuses informations relativement tôt dans l’aventure. Mon but dans la vie : réussir la mission confiée pour tenter, à l’avenir, de monter en grade.
Gameplay textuel, mais pas passif
Même si l’écriture est la partie la plus importante de l’expérience (et de l’écran de jeu), il ne faut pas négliger diverses statistiques de son personnage. Il est nécessaire de gérer ses points de vie. Se nourrir pour ne pas mourir de faim. Vérifier l’état de son armure pour ne pas se retrouver démuni face à une bête sauvage, ou encore se laver régulièrement pour ne pas répugner autrui. Ce micro management peut s’avérer fastidieux, surtout au début lorsque la moindre pièce est précieuse et que tout nécessite de l’argent. Enfin, je dis “au début”, mais je ne suis jamais parvenu à être plein aux as non plus…
![[TEST] Roadwarden, une histoire à prendre au mot 57 Roadwarden - Un combat textuel](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/08/roadwarden-combat.jpg)
Autre interaction situationnelle : le champ de texte. Par moment, on pourra interroger les gens sur telle personne ou tel lieu. Sauf qu’il faut taper ça au clavier. Rassurez-vous, si vous n’avez pas une bonne mémoire des noms, le journal répertorie toutes les données des personnes et des lieux rencontrés ou dont on a entendu parler.
Par contre, lorsqu’il s’agit de chercher quelque chose et qu’il faut taper textuellement le bon mot clé, le système s’avère un peu plus bancal. Parfois, on ne sait juste pas ce qu’il faut chercher, donc j’étais là bien bête dans une cabane à tenter plein de mots clés sans résultat.
Un univers qui se dessine en pixel art
Chaque lieu est illustré par une image en pixel art minimaliste. Au début, on ne distingue qu’une partie du décor. Un exemple :
Devant un village, je ne vois que la palissade. Puis, en décidant d’aller voir les champs voisins, l’image se complète. En m’engageant à l’intérieur, la grande place apparaît sur mon écran.
Bref, le concept est simple, mais renforce cette sensation de vivre l’aventure par les yeux de son personnage.
Les défauts de la version Switch
Le passage sur Switch n’est pas exempt de défaut. Déjà, le jeu accuse de plusieurs bugs. On a la possibilité de prendre des notes dans le menu. Mais aussitôt la note enregistrée, tous les espaces sont retirés, rendant le texte illisible. Vous savez à quel point c’est long d’écrire quelque chose à la manette sur Switch ?
Ensuite, les contrôles au stick ne sont pas pratiques pour naviguer dans les menus. On galère, ce n’est pas réactif alors que ce ne sont que des listes à parcourir. À un moment, j’ai même dû passer au tactile parce que je ne savais pas où se trouvait mon curseur. Parfois, il faut appuyer plusieurs fois sur le bouton A pour que le jeu comprenne qu’on sélectionne une réponse. Pour ma première partie, à cause d’un texte trop long, j’ai même choisi la mauvaise classe de départ.
Pour contourner ces défauts, on pourrait tenter le mode nomade et le tactile de la console. Ce dernier est plus réactif et rend l’expérience un peu plus agréable, mais il demande quand même par moment de toucher deux fois des textes pour les valider. Mais au moins, on s’épargne les galères des menus sans fin. C’est simple, j’ai commencé à la manette puis j’ai fait le reste de l’histoire avec le tactile.
Roadwarden, un voyage à vivre à son rythme
Roadwarden a été l’un des jeux les plus durs à tester pour moi. Pas parce que je n’adhère pas à l’univers sombre fantasy. Pas parce que je faisais un rejet du gameplay. C’est juste que chaque session était épuisante tant cela demande de concentration de lire des pavés et des pavés.
Sur Switch, les défauts techniques sont évidents. Le jeu galère, les menus peinent à s’ouvrir et, sérieusement, ne jouez qu’en tactile. La navigation au stick est une tannée à utiliser.
Ce n’est pas un jeu qui se prête aux longues sessions le week-end. C’est une aventure lente, textuelle, où chaque choix compte, et qui demande un vrai investissement, surtout avec l’anglais. Mais si on se laisse prendre, l’immersion y est vraiment.
J’ai véritablement apprécié un monde cohérent qui se révèle pas à pas, une écriture de qualité et cette impression de vivre un voyage personnel dans un univers à la fois rude et fascinant. Il n’y a pas de mauvaise manière de jouer, c’est pourquoi Roadwarden se fait sans guide et se rejoue. Une quête traîne dans le journal ? Peut-être qu’au prochain village, vous trouverez des réponses à vos interrogations.
C’est clairement une expérience unique, que je recommande à tous ceux qui aiment lire, prendre leur temps, réfléchir à leurs choix moraux et se laisser surprendre par un jeu qui ne ressemble pas aux autres. Par contre, optez plutôt pour la mouture PC qui est bien plus optimisée de ce que j’ai pu voir.
Et en même temps, c’est un titre qui ne s’adressera pas à tous les profils par la barrière de la langue et son gameplay entièrement basé sur la lecture.

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