Ninja Gaiden Ragebound - Cover

[TEST] Ninja Gaiden: Ragebound, de la nostalgie sanglante

Ninja Gaiden: Ragebound est le petit dernier de la série Ninja Gaiden née en 1988. Alors que Ninja Gaiden 4 s’annonce pour la fin d’année 2025, le titre dont nous parlons aujourd’hui est un petit retour aux origines. Pour l’occasion, nous avons des équipes du tonnerre. D’un côté, les espagnols de The Game Kitchen, connus pour les jeux Blasphemous, au pixel art qualitatif et à l’ambiance unique. De l’autre, DotEmu, l’éditeur qui sait comment remettre au goût du jour des licences cultes comme les Tortues Ninja. Un pari gagnant ? Plongée nostalgique pixelisée en 2025.

Jeu : Ninja Gaiden: Ragebound Genre : Action Studio : The Game Kitchen Editeur : DotEmu Date de sortie : 31 juillet 2025 Plateformes : PC Windows, PS5, PS4, Xbox Series, Nintendo Switch PEGI 16 Prix conseillé : 39,99€ solo Testé sur : PS5 (Clé fournie par l’éditeur)

Ninja Gaiden: Ragebound, un nouveau duo anti-démon

Si Ninja Gaiden: Ragebound est le dernier en date, il ne s’inscrit pas chronologiquement après le dernier jeu sorti, mais en parallèle du premier jeu. Le prologue met en scène Jo Hayabusa le chef du clan de ninja Hayabusa, ou plutôt ses derniers instants qui sonnent les débuts de l’aventure de Ryu Hayabusa, le héros que nous connaissons depuis toujours.

On enchaîne ensuite alors que Kenji, un jeune ninja du clan Hayabusa est en plein entraînement avec Ryu. Ce tutoriel nous permet de découvrir les contrôles de notre personnage. Mais pas le temps de respirer, Ryu doit partir en Amérique pour venger son père. De son côté, Kenji se retrouve à protéger le monde (ou juste le Japon) alors que le voile séparant le monde des humains de celui des démons se déchire.
En parallèle, on fait la connaissance de Kumori, une kunoichi du clan de l’araignée noire qui a des desseins beaucoup moins louables.
Ces deux destins opposés vont se croiser et s’unir malgré eux contre la menace commune des démons.

Un gameplay sabre en main

Si comme moi vous n’avez pas joué au Ninja Gaiden originel, mais que vous vous êtes laissé séduire par The Messenger de Sabotage Studio, jeu fortement inspiré de Ninja Gaiden, il est fort à parier que vous vous y retrouviez très vite.

La base de tout ninja

Dès le début, vous avez accès à quasiment toute la panoplie de mouvements disponibles. L’attaque de base reste la valeur sûre. Ensuite, il y a le bond-guillotine, une attaque sautée qui permet de rebondir sur tout : les ennemis, les projectiles. Ce saut, en plus d’être une attaque, est au cœur de nombreuses phases de plateformes et reste un atout majeur de placement en combat. Les attaques en fente sont très utiles si vous avez besoin d’allonge.
Enfin, vous disposez de l’hypercharge. L’hypercharge, c’est une attaque surpuissante qui peut se déclencher si vous avez tué un ennemi avec un halo de couleur, ou bien en sacrifiant de la vie pour entrer en état d’hypercharge. Les niveaux sont énormément construits autour de ce design particulier : ennemi avec un halo, suivi d’un ennemi résistant à one-shot avec l’hypercharge. Il faut donc réfléchir vite, prioriser ses victimes pour gagner le plus de temps possible. Surtout que l’hypercharge ne s’obtient que si vous réalisez la bonne attaque en fonction de la couleur du halo.

Craindre la morsure de l’araignée

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, vous ne pouvez pas alterner entre Kenji et Kumori. Le combattant que vous contrôlez restera le ninja du clan Hayabusa. La kunoichi n’est contrôlable que dans certaines phases de plateformes, optionnelles qui plus est. Par contre, elle reste un atout avec ses compétences arachnides et ses armes de lancer que vous pouvez déployer avec Kenji, moyennant l’utilisation d’une barre d’énergie.

Personnalisation timide, mais fonctionnelle

Dans les niveaux, vous tomberez sur des scarabées et des crânes cachés. Les scarabées servent à acheter des améliorations à l’atelier. Kenji peut s’équiper de deux améliorations tandis que Kumori peut équiper d’une arme et d’une compétence arachnides qui complètent les besoins de Kenji en fonction de vos envies.

La personnalisation est classique avec ces talismans et compétences. Vous avez le choix entre plusieurs manières de jouer. Vous pouvez être plus défensif en gagnant beaucoup de soin. Si vous êtes plus tendancieux, des talismans donnent des malus en échange d’un meilleur score. Bref, il y en a pour tous les goûts.

Mais c’est tout. Pas d’arbre de compétence, pas d’amélioration de vie ou de dégâts. Votre personnage est aussi puissant du début à la fin de l’aventure. Seules les compétences et votre réactivité feront la différence.

Un monde impitoyable

Vous aurez besoin de toute votre concentration pour survivre dans ce Japon envahi par les démons. Les obstacles apparaissent de toute part, vous n’avez quasiment jamais de temps mort. Les boss demandent aussi un temps d’apprentissage de pattern. Ninja Gaiden: Ragebound ne propose au départ qu’une difficulté alors, accrochez-vous. Si vous avez du mal contre un boss et bien… recommencez encore jusqu’à y arriver. C’est ce qui m’est arrivé sur plusieurs d’entre eux, notamment le dernier qui m’a pris une heure à réussir.

Toujours plus de challenge

Et si juste terminer le jeu ne vous suffit pas, chaque niveau propose trois challenges. Ne pas se faire toucher, tuer X ennemis avec une hypercharge, battre Ryu dans le tutoriel…Finir le jeu prend 8 h, le compléter à 100 %, je n’ose pas imaginer. De plus, en terminant le jeu, vous débloquez le mode difficile, déjà que de base le jeu n’est pas tendre. Bref, vous avez encore de belles heures devant vous.

Un enrobage convaincant

Vous le remarquerez dès les premières secondes. Le pixel art de The Game Kitchen est qualitatif. Les animations sont fluides et les niveaux se traversent sur une musique dynamique avec des thèmes entraînant et entêtant. Clairement, la nostalgie y est, et on est ravi d’évoluer dans ces niveaux. Le jeu est entrecoupé de petites mises en scène qui prouvent que le pixel en a sous le capot.

Ninja Gaiden: Ragebound - Kenji et Kumori sont plus déterminés que jamais
Des mises en scène et angle de vue dynamiques

Ninja Gaiden: Ragebound, une revisite presque trop sage ?

Mettons les pieds dans le plat. Ninja Gaiden: Ragebound est une réussite vidéoludique. Le jeu est prenant du début à la fin. On traverse les niveaux en évitant et combattant sans temps mort. Et que dire des derniers niveaux qui ne font que monter en intensité. Le seul point qui m’a turlupiné, c’est le gameplay de Kumori. Pour des raisons scénaristiques, on ne contrôle cette dernière qu’à certains moments. Et c’est dommage. Quitte à avoir deux personnages, autant pouvoir alterner entre eux. Pour le reste, le jeu de The Game Kitchen est généreux et qualitatif et ça fait plaisir. Je l’ai dévoré d’une traite. J’ai pesté contre certains passages et certains boss. Et j’ai juste adoré le détester à ces moments-là.

Graphismes
9
Histoire
7
Bande son
9.5
Gameplay
9
Durée de vie
7.5
Passe la souris sur la barre pour noter le jeu0 Note
0
Les +
Un gameplay dynamique et réactif à souhait
Le pixel art à l’honneur
Une modernisation du gameplay
Durée de vie correcte si on tente le 100 %
Les -
Dommage qu’on ne puisse utiliser Kumori quand on veut
Des protagonistes oubliables
Une difficulté relevée qui peut rebuter
Un prix un poil élevé en fonction de la console
8.4