Monster-Hunter-Stories-3-cover

[TEST] Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflections

Il y a dix ans, Capcom s’est dit “Hé, et si on prenait Monster Hunter et qu’on en faisait des RPG ? Avec une histoire et tout ?” Après deux épisodes au succès commercial et critique, voilà qu’ils ratissent encore plus large avec Monster Hunter Stories 3 : Twisted Reflections. Exit l’aspect un peu cartoon et la DA rappelant très fort le chara design de Pokémon. Maintenant, on est des adultes, et les adultes, ils font des guerres, il y a des trames géopolitiques, ils s’occupent d’écologie et d’environnement, ils régulent la faune à grands coups de marteaux et d’épée lourde ! Plus grand, plus complexe, avec un contenu monstrueux (vous l’avez ?) Monster Hunter Stories 3 semble donner à la série un tournant bien plus sombre et plus établi. Alors, est-ce que le pari de Capcom est une réussite tout en muscle ou bien est-ce qu’ils le ratent à l’os ? (désolé)

Jeu : Monster Hunter Stories 3 : Twisted ReflectionGenre : JRPG/Aventure Studio : CAPCOM CO., LTD. Editeur : CAPCOM CO., LTD. Date de sortie : 13 mars 2026 Plateformes : PC Windows, Nintendo Switch 2, PS5, Xbox Series X, PEGI 12 Prix conseillé : 69,99€ solo / Testé sur : PC (clé fournie par l’éditeur)

Monster Hunter Stories 3, bastons et dragons

Il y a bien longtemps dans le royaume d’Azuria, un oeuf de wyverne fut trouvé, un oeuf de Rathalos, une espèce de wyverne que l’on croyait disparue. Au grand désarroi de la cour, deux dragons en naquirent. Et apparemment c’est un très mauvais présage. Un seul devait survivre et c’est au moment de l’exécution d’un des jumeaux que la Reine s’enfuit avec un, scellant le destin funeste de la nation.

Vous incarnez le prince d’Azuria, désormais en proie à une crise politique majeure avec la nation de Vermeil, peuple belliqueux ayant par désespoir lancé un assaut pour s’emparer des terres sacrées au-delà du mur. Étant le dernier obstacle entre la famine qui les guette et la promesse d’un monde meilleur, votre père, le Roi ne sait que faire ni comment réagir. Malgré votre titre de “Fils de la Reine Félonne” il va vous laisser le commandement de ses armées et la Princesse de Vermeil se joindra à vous, otage volontaire, afin d’étudier votre mode de vie et tenter de trouver une entente avec sa nation. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit
Il est à noter qu’en dehors des cinématiques, votre Rathalos ne fait que planer. C’est frustrant.

Si le scénario de Monster Hunter Stories semble au début mélanger tout un tas d’aspects de la série (une bascule environnementale, des perturbations dans l’écosystème) et des éléments classiques du JRPG (l’affrontement de deux nations, comprendre les intérêts de chacun). Il s’avère que tout n’est qu’un prétexte à vous faire découvrir le contenu du jeu et mon dieu que le jeu est complet. À tel point que les premières heures vous sembleront trèèèès laborieuses.

Y’a le bon chasseur et y’a le mauvais chasseur

Parce que dans Monster Hunter y’a Monster (Monstre) et Hunter (Chasseur). Vous suivez jusque là ? Bravo. Si vous n’êtes pas familiers avec l’univers de Monster Hunter, je vous fais un rapide topo. Vous êtes un chasseur (de monstres oui). Et l’essentiel du jeu consiste à étudier l’environnement et l’écosystème autour de vous afin de comprendre les habitudes de la faune environnante, découvrir les perturbations et les réguler. Loin des gilets fluos, de la gnôle et des pièges à colle, la série vous place dans une vision bien moins anthropocentrique que ce qu’on pourrait croire. Vous faites partie de ce monde, en tant que proie et prédateur. Chaque chasse va vous demander une préparation minutieuse, une bonne connaissance de vos outils, de vos armes, de vos armures, du comportement de votre cible. Grâce à vos chasses, vous allez emmagasiner de l’expérience, de l’équipement et pouvoir vous attaquer à de plus grosses bébêtes. Chaque monstre a son comportement, ses faiblesses, ses éléments, ses réactions.

Et transposer le cœur de ce gameplay dans un JRPG se fait sans trop de mal. On retrouve le principe d’études des monstres, et chaque première rencontre vous fera gagner non seulement de l’XP et des connaissances sur chaque monstre, mais en plus vous permettra de renforcer les liens avec vos Monsties (des monstres apprivoisés). Ceux-ci gagneront des niveaux, apprendront des compétences et se battront à vos côtés. Plus vous combattez les monstres, plus vous en apprendrez sur les subtilités du système de combat, plus vous récupérerez de précieux morceaux de monstres et pourrez ensuite améliorer armes et armures.

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit la fabrication d'armure
Monster Hunter et moi, ça a toujours été une belle histoire d’armure

Rathalos, je te choisis !

Le système de combat est assez simple. Il repose sur un tour par tour proche d’un Pokémon avec plus de subtilités. Votre personnage ainsi que son Monstie vont se battre contre un ou plusieurs monstres. Il y a trois types d’attaque : Vitesse, Force et Technique, la Force bat la Technique, la Technique bat la Vitesse, la Vitesse bat la Force.

Vous pouvez opter pour une attaque simple de votre arme qui va faire des dégâts perçants, contondants ou tranchants suivant celle que vous choisirez. Chaque type de dégât va être efficace sur tel ou tel endroit du monstre. Vous pouvez choisir de laisser votre Monsties choisir l’attaque ou le faire pour lui, vous choisissez votre action (attaque simple ou compétence, de tel ou tel type) et le tour se résout. Des règles simples, mais un mauvais choix peut être très vite désastreux.

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit un Ludroth royal mourir
On l’a eu, mais c’est pour réguler

Le monstre à affronter va changer de cible, vous pourrez donc à ce moment engager un duel et si vous avez choisi le bon type d’attaque, prendre le dessus et infliger de gros dégâts, baisser sa stamina etc. Quand un monstre n’a plus de stamina, il tombe à terre, vous pouvez alors lancer une attaque coordonnée et une foire à la saucisse où tous les membres de votre équipe s’en donnent à coeur joie pour éclater le monstre à terre et lui infliger beaucoup de dommages. Mais c’est pour réguler on a dit. Si vous et votre monsties effectuez une attaque d’un même type sur une même cible vous pourrez alors lancer une double attaque et faire monter votre jauge d’amitié, qui, une fois pleine, vous laissera lancer un talent d’amitié. Attaque dévastatrice avec des cinématiques à tomber et n’ayant rien à envier aux moments les plus épiques de Dragon Ball. Mais c’est pour réguler on a dit.

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit un Monstre pris dans une attaque de glace
Je savais que j’aurais dû prendre une petite laine

Bonjour, et bienvenue dans le merveilleux monde des Pok-DES MONSTIES

Si la partie combat de monstres est une grosse partie du titre, elle va vite vous sembler longuette si vous ne vous amusez pas avec tout ce que le jeu propose. Et j’ai mis du temps à rentrer dedans, la faute à un énorme contenu, une UI assez lourde et surtout des explications en énormes blocs d’information dont je n’ai finalement réussi à tirer du fun qu’après une bonne dizaine d’heures de jeu. En parcourant le monde autour de vous, vous allez découvrir des tanières. Dans ces petits niveaux, vous aurez quelques ressources utiles pour crafter des potions, des pièges ou autres, mais surtout, vous aurez des œufs. Ces œufs constituent votre réserve de Monsties. Chaque Monsties a ses stats, son petit arbre de compétences, ses attaques etc. Vous pouvez faire de la sélection génétique, fusionner les stats pour vous faire votre monstre à la carte et vous constituer une équipe permettant aussi bien un large éventail de possibilités en combat qu’en exploration !

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit le principe de mutation et d'écosystème
Vous pourrez réintroduire les Monsties dans l’écosystème et créer de nouvelles choses

Si votre Rathalos vous permet de planer, traverser les étendues d’eau nécessitera une wyverne léviathan, escalader un mur abrupt ne pourra pas se faire sans Tobi-Kadachi etc. Pas moins de 84 espèces de monstres sont trouvables dans des oeufs, et une poignée au fil de l’histoire. Vous n’avez donc pas fini de devoir explorer le monde qui vous entoure.

Il est assez dommage que le level design ne soit pas à la hauteur. Si on retrouve comme dans Xenoblade Chronicles un principe de monde vivant avec un cycle jour-nuit, comportant son lot de monstres propres à chaque heures, ses objets disséminés et tout un tas d’endroits secrets ; on est bien loin de la maîtrise de Monolith Soft quant au world building.

Certaines zones sont cruellement vides ou redondantes. Les tanières de monstre, où vous trouvez les œufs, ont toujours le même layout et très vite la lassitude du grind s’est installée chez moi. Nulle doute que si vous aimez farmer et être efficace ça ne vous posera pas de problème mais je ne pense pas être le public pour autant de farming. Le jeu vous demande également beaucoup de backtracking et le rythme est bizarrement géré entre les gros moments d’action, d’avancées dans l’histoire, de farm redondant, de préparation au camp. Étant un énorme fan de monster hunter et de sa dynamique, j’ai eu du mal à trouver une recette si classique et fonctionnant assez peu avec l’univers auquel je suis habitué.

Et les graphiques ça dit quoi ?

La série Monster Hunter Stories s’est très vite démarqué par une approche très cartoon, les deux premiers épisodes faisant la part belle à une DA colorée et chatoyante, loin de l’approche réaliste de la saga principale. Le troisième opus upgrade encore son design de personnages pour, toujours en gardant cet approche cel-shading flashy, adopter une ligne plus proche d’un Fire Emblem. C’est assez joli et les animations de combat et de monstres sont sublimes mais le reste de l’univers autour en pâtit. Et cet écart entre des modèles et des animations 3D léchées et un environnement rappelant les premières heures de la Switch dessert pas mal l’immersion, surtout quand la boucle de gameplay d’exploration et de grind se fait dans cette exploration au level design, encore une fois, assez bancal.

Musicalement la bande-son est de qualité et sait retranscrire les moments épiques d’un Monster Hunter, mais aucune mélodie ne me reste vraiment en tête une fois le jeu éteint. Proof of a Hero nous manque et hormis les thèmes de monstres tirés de la série, peu de morceaux mémorables, ce qui est franchement dommage quand on sait ce que Monster Hunter a dans ses bacs à vinyle.

Capture d'écran de Monster Hunter Stories 3 où l'on voit une attaque d'amitié
Quand le chasseur chauve va gagner, le chasseur chauve sourit

Monster Hunter Stories 3 ou Farming Simulator

Concrètement, le dernier titre de Capcom a de quoi contenter les gros joueurs. Si vous aimez faire des manipulations génétiques, capturer tout un tas de monstres, voler des oeufs, entraîner au combat des bêtes apprivoisées, explorer sans relâche et farmer comme un gros porc. Alors ce titre est fait pour vous. Cependant Il faut prendre en compte que l’apprentissage du jeu dans son entièreté, la maîtrise de ses subtilités comme de ses règles les plus basiques ne vous laisse pas le droit à l’erreur. Les dix premières heures de jeu sont basiquement un gros tutoriel, les aficionados de JRPG ne seront donc pas dépaysés et pourront y trouver leur compte. Même si je ne suis probablement pas le public, je dois reconnaître, que si la technique est dépassée, le contenu est faramineux. Enfilez votre armure, entraînez vos chats (et non pas l’inverse) et foncez sur les plaines d’Azuria.

Graphismes
7
Histoire
6
Bande son
6
Gameplay
8
Passe la souris sur la barre pour noter le jeu0 Note
0
Les +
Une richesse de contenu massive
Un système de combat accessible mais stratégique
Les -
Un démarrage beaucoup trop lent
Un level design répétitif et daté
Une boucle de gameplay trop axée sur le farming
6.8