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[TEST] Goodnight Universe, une grande idée, un gameplay qui arrive trop tard

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Il y a quelques années, dans la confidentialité relative de la scène indépendante sortait Before your Eyes. Un étonnant jeu narratif où, afin de faire défiler la vie de notre personnage et de découvrir son histoire, nous n’avions qu’à cligner des yeux. Grâce à un ingénieux système de tracking, la caméra devenait notre manette, donnant une nouvelle définition à l’immersion du joueur. Quatre années plus tard, l’équipe à l’origine du titre fonde le studio Nice Dream et revient fort avec Goodnight Universe ; cette fois-ci, ce ne sont plus vos clignements mais tout votre visage, vos yeux et vos oreilles qui seront mis à l’honneur, mais pas tout de suite…

Jeu : Goodnight Universe Genre : Aventure narrative Studio : Nice Dream Editeur : Skybound Games Date de sortie : 11 novembre 2025 Plateformes : PC Windows, PS5, xBox Series, Nintendo Switch 2PEGI 12 Prix conseillé : 19,99€ solo Testé sur : Nintendo Switch 2(clé fournie par l’éditeur)

Goodnight Universe, une histoire à plusieurs couches

Dans Goodnight Universe, vous incarnez Isaac, un petit bébé de six mois qui s’éveille peu à peu au monde autour de lui. Il découvre ses sens, sa famille, ses émotions, ses besoins et même sa conscience. Étonnamment précoce, il prend connaissance des humains qui l’entourent et l’observent. Se prend d’affection pour eux, et voyant qu’ils se mettent en quatre pour lui, veut leur renvoyer l’ascenseur. C’est à ce moment-là qu’apparaissent d’étranges pouvoirs télékinésiques. Manipulation des objets électroniques, lévitation, lecture des pensées. Conscient de l’extraordinaire de ses capacités, il tente tant bien que mal d’apparaître comme un bébé normal, mais très vite son secret est découvert, aussi bien par sa famille que par une inquiétante corporation.

image montrant Isaac dans Goodnight Universe
gouzi gouzi gouzi

Le scénario, séparé en trois chapitres, et dont je ne parlerai pas en détail pour vous laisser la surprise, aborde sous des allures simplistes énormément de thèmes. La famille, l’humanité, l’amour, le sens de la vie, la solitude, le sacrifice pour ne citer qu’eux. On oscille entre des phases purement cinématiques (bien qu’on puisse manipuler la caméra première personne de notre bébé), et des moments s’apparentant plus au puzzle ou au jeu d’adresse. L’histoire se déroule sans interruption même si sur certaines phases il vous faudra réussir le puzzle ou bien recommencer inlassablement jusqu’à la réussite.

Un bébé qui obéit au doigt et à l’oeil ?

Le gros atout de Goodnight Universe, c’est la promesse de pouvoir utiliser sa caméra pour contrôler le protagoniste. Cependant, la version du jeu que j’ai testé, sur Nintendo Switch 2, ne comporte pas encore cette feature. Aussi, je n’ai pas pu profiter de ce qui fait l’intérêt profond du jeu. Qu’à cela ne tienne, le support de la caméra arrive bientôt à une date encore non annoncée, mais on peut toujours profiter de l’histoire et du jeu via la manette ! Sauf que malheureusement, les contrôles à la manette sont laborieux au possible.

image montrant un couloir dans Goodnight Universe
Un grand moment d’ennui et de rage que ces couloirs où des puzzles timés apparaissent

On se retrouve avec une visée lourde à mettre en place, et même en réglant la sensibilité du joystick, on aura énormément de difficultés à trouver une façon de faire confortable. Là où un mouvement de tête ou de regard se fait sans y penser, la transposition vers des contrôles traditionnels non seulement enlève tout l’intérêt du jeu, mais met en exergue toutes ses failles. On se retrouve avec un jeu narratif intéressant, mais aux phases ludiques des plus fades. Le rythme est ralenti au possible et comme tout le jeu se déroule quasi en plan séquence, on passe souvent plus de temps à déplacer la caméra de manière lasse pour comprendre où se passe l’action ou le puzzle qu’à le résoudre.

Image du jeu montrant nos parents dans Goodnight Universe
Moi aussi Simon… moi aussi

Un jeu qui babille sans jamais trop évoluer

Malgré un très bel écrin, un travail évident sur le visuel et le sound design, un doublage de qualité (le Narrateur est Lewis Pullman, et Beau Bridges joue notre grand-père, excusez du peu). Goodnight Universe peine à trouver un intérêt en tant que jeu. Si l’histoire et l’écriture des personnages m’a beaucoup plu, je me suis surpris à être passablement déçu quand on me demandait de reprendre le contrôle du jeu tant les puzzles manquent d’intérêt ou sont peu originaux. L’ensemble manque de finitions qui auraient pu rendre le jeu aussi intéressant avec une caméra qu’avec une manette. Les traductions de la version française sont étranges, on a parfois tout de traduit, parfois des phrases en anglais subsistent, et j’ai même été surpris de voir des dialogues passer sans raison du français à l’espagnol. Un souci facilement corrigé par quelques mises à jour, mais qui ajoute encore à l’amertume d’un jeu pensé pour être joué uniquement d’une façon et pas d’autres.

Une image montrant le journal d'Angus, le grand-père, dans Goodnight Universe
Des moments visuellement bienvenus et trop rares offrent de la narration pure avec de l’animation 2D

Goodnight Universe, l’essayer n’est pas forcément l’adopter

Qu’on soit bien clairs, j’aurais voulu aimer de toutes mes forces Goodnight Universe. La promesse d’un contrôleur alternatif, l’histoire et l’écriture de ces personnages n’ayant rien à envier aux meilleurs films d’animations, tout sur le papier semblait en faire un des meilleurs jeux narratifs de cette fin d’année. Hélas, la non-considération des joueurs manettes (car soyons honnêtes, je ne pense pas que les possesseurs de Switch 2 ne fassent tous l’acquisition d’une caméra), les traductions étranges et la fadeur des puzzles et énigmes proposées fait de ce jeu un coche complètement loupé. Effectivement, le support caméra arrive dans une mise à jour ultérieure sur Switch 2 ; il aurait été probablement préférable d’attendre que tout soit prêt, ou de proposer un gameplay différent en attendant, pour l’heure je ne vous conseille pas de prendre le jeu sur une autre plateforme que sur PC si vous avez une webcam.

Graphismes
7
Histoire
8
Bande son
6
Gameplay
1
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0
Les +
Une promesse initiale alléchante
Une écriture plus profonde qu’il n’y paraît
Un très beau travail visuel et sonore
Les -
Très court avec peu de rejouabilité (se boucle en 3h)
Les contrôles à la manette sont une purge et gâchent l’expérience
Les choix proposés durant les dialogues mènent à la même histoire
5.5