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[TEST] Eriksholm: The Stolen Dream, le jeu d’infiltration qui marque l’été 2025

Eriksholm: The Stolen Dream est la grosse surprise de l’été, pour peu qu’on aime l’infiltration et un peu se creuser les méninges sur la stratégie à adopter. Premier jeu du studio River End Games, on sent la patte des vétérans dans ce premier chef-d’œuvre, je n’ai pas peur des mots, tant il est quasi irréprochable sur tous les plans.
Affutez votre sarbacane et votre meilleur lance-pierre, et venez découvrir les toits et les entrailles d’Eriksholm.

Jeu : Eriksholm: The Stolen Dream Genre : Aventure / Action / Infiltration Studio : River End Games Editeur : Nordcurrent Labs Date de sortie : 15 juillet 2025 Plateformes : PC Windows, PS5, Xbox SeriesPEGI 12 Prix conseillé : 39,99€ solo Testé sur : PS5 (Clé fournie par l’éditeur)

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Hanna et Alva arrivent, poussez-vous !

Eriksholm: The Stolen Dream, quand on arrive en ville

Bon, je vais pas y aller par quatre chemins : autant Eriksholm semble être une ville chaleureuse humainement, très cosy, où tout le monde se connait et s’entraide ; autant on sait tout de suite que la vie est dure, rude, avec un maire sans pitié et des haut placés qui ne pensent qu’à leur confort. De plus, une peste du cœur attaque les plus fragiles et rien ne semble pouvoir endiguer la maladie qui se propage.

Pourtant, le jeu commence en montrant Herman qui rentre chez lui et trouve sa sœur, Hanna, enfin réveillée après une longue convalescence. Peu après, des flics débarquent et Hanna doit prendre la fuite. C’est parti pour de longues heures de furtivité.

Que s’est-il passé pour que la police cherche Herman ? Où a-t-il fui ? C’est ce que Hanna va devoir découvrir tout en évitant de se faire repérer. Heureusement, elle fait preuve de beaucoup plus de courage et a plus de ressources que l’on ne pense. Plus qu’un simple jeu d’infiltration et de cache-cache, c’est sur chaque tableau, une véritable stratégie avec un timing parfois très serré qu’il va falloir mettre en place pour s’en sortir.

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Des décors sublimes, cosy

Eriksholm ? Vous verrez, c’est un endroit charmant

Il est des jeux où les décors ne sont là que pour servir de pale toile de fond. Et D’autres, où même les êtres inanimés sont une véritable entité, où l’on sent une âme et qui semble nous parler. Inspirés des villes nordiques des années 1900, les décors sont hyper rempli, pour ne pas dire chargé, mais pas dans le mauvais sens. On a une impression de petit cocon familial, ou chaque recoin a sa propre personnalité, ses secrets cachés. Où chaque habitant et heureux de vivre en communauté, même si la vie est rude. On sent clairement la pauvreté, et pourtant on a envie d’y être, de faire partie de la famille, parce qu’on se sent protégé.

Les passages sur les toits est un régal, la verticalité est aussi importante que l’horizontalité dans le titre de River End Games. Vous devrez avoir les yeux partout et vous servir de la moindre aide du décor pour avancer dans les différents tableaux. Il est très important de se servir de la caméra qui permet non seulement d’avoir une vue à 360, mais aussi de voir, tout en gardant le personnage bien à l’abri, les rondes des ennemis et d’éventuelles solutions.

L’ombre et la lumière sont des acteurs primordiaux du jeu. Une aide et un ennemi, qu’il faudra maitriser pour surprendre les gardes et avancer sereinement.

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Vous apprécierez prendre de la hauteur

Des mécaniques de jeu autant défensives qu’offensives

On pourrait croire, qu’étant une ado, Hanna dans sa faiblesse, ne joue qu’avec les ombres. Tout faux, puisque très rapidement, Alva va lui permettre d’avoir une arme redoutable : la sarbacane. Alors qu’elle refuse de prendre les fléchettes empoisonnées, vous pourrez tout de même vous faire plaisir en utilisant à volonté les fléchettes soporifiques. Attention toutefois au temps de rechargement, il n’est pas possible d’endormir deux gardes côte à côte, à une seconde d’intervalle. C’est là que l’on doit user de ses méninges, pour observer, s’imprégner du décor et l’utiliser à notre guise pour déclencher un enchainement d’événements, qui seront à notre avantage pour progresser. Il faut parfois temporiser, mais aussi souvent utiliser nos réflexes et un timing tiré à quatre épingles pour s’en sortir dans les situations les plus délicates.


Les Maîtres de l’Ombre : River End Game

Un nouveau studio de développement basé à Gothenburg, en Suède. Ce n’est pourtant pas une équipe de novices qui a donné vie à Eriksholm. Le studio a été fondé par des vétérans de l’industrie ayant travaillé sur des titres prestigieux comme Battlefield, Little Nightmares, Mirror’s Edge et Unravel. Et c’est là qu’on sent tout le talent et l’expérience des personnes qui font le studio. Parce que pour un premier jeu, Eriksholm: The Stolen Dream a très peu de chose à se reprocher. Et encore, il faut beaucoup chercher.

Je parlais plus haut, de décors qui ont véritablement une âme et qui nous happe complètement, il en va de même de la musique, des documents et notes que nous trouvons. Mais le talent du studio ne s’arrête pas là. J’adore l’infiltration et j’ai testé beaucoup de jeu du genre. Et ça devient de plus en plus rare maintenant qu’un jeu monopolise autant mon cerveau, où je ne m’ennuie pas une seule seconde, où je suis rassurée de connaitre mes armes et ne m’en lasse pas pour établir une stratégie, buter, me heurter à des obstacles que je n’avais pas vu, pour recommencer encore et enfin avancer.
Parfois les jeux d’infiltration sont répétitifs, même certaines séquences trop longues avec des ennemis trop nombreux m’avaient lassé dans The Last Of Us II. Autant dans Eriksholm, la partition est d’une justesse telle que le rythme est simplement parfait pour ne pas nous frustrer ou nous lasser.

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La sarbacane, une arme bien utile

Hanna a une seule arme et passe plusieurs tableaux, on pourrait croire que cela va continuer comme ça jusqu’à la fin du jeu, mais elle est rapidement rejointe par Alva, qui apporte avec elle une autre dimension au gameplay. On maitrise l’environnement, la mécanique de jeu on se sent plus à l’aise, et hop le jeu nous offre un nouveau personnage, où il faut switcher pour nous aider à avancer. Chacune ses compétences, chacune ses atouts et faiblesses qu’il faut compenser tout en découvrant de nouveaux décors, ennemis et possibilités.

Je n’en dis pas plus, mais sachez que le jeu réserve encore bien des surprises pour nous obliger à prendre le temps de réfléchir et agir dans l’action.

Modélisation des personnages

Ce qui frappe dans la première cinématique, c’est la qualité graphique des personnages. Non seulement, ils sont plus que réalistes, mais en plus les expressions et la syntaxe labiale est parfaite. Le jeu d’acteurs est là, parfaitement traduit, le motion capture à clairement fait des prouesses et il est utilisé à la perfection. On fait encore un saut avec un rendu de très haute qualité qui saluent les performances de la PS5. J’imagine que sur un PC très haut de gamme, le résultat doit être époustouflant, pourtant pour un jeu qui n’a pas la prétention de se présenter comme un triple A.

Cette qualité technique renforce aisément le sentiment d’attachement et d’appartenance au groupe. En plus de l’histoire qui se veut un peu banale au début, mais qui va prendre des proportions inattendues, on suit l’évolution des personnages et leur implication dans ce qui va devenir bien plus qu’une mission de sauvetage.

Le jeu n’est pas doublé en français, mais la qualité des sous-titres est irréprochable. Les doublages originaux sont d’une très grande qualité, sans surprise pour être à la hauteur du reste.

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Dans les mines

Rien n’est laissé au hasard

Le talent et l’expérience du studio est tel que rien n’est laissé au hasard. Je me souviens de Jusant qui avait fait la prouesse de raconter l’histoire de vies, d’âme perdues, à travers des notes alors que la difficulté était d’être contraint à un seul décor. Ici, chaque collectible raconte une histoire, donne des indices, ou s’intègre parfaitement à l’époque.

Chaque élément du jeu est travaillé avec soin et est intelligemment utilisé pour garantir la cohérence de l’histoire ou de la profondeur du jeu.

Eriksholm: The Stolen Dream, un GOTY ?

Avec seulement 12 à 14 heures de jeu, le chef-d’œuvre du studio suédois est un premier jeu réussi de bout en bout. Il donne un gros coup de pied aux gros studios installés depuis très (trop) longtemps, avec leurs jeux semi-couloir semi-ouvert.
Ici, on revient sur du couloir, tout en ayant des niveaux où l’espace joue un rôle très important avec un environnement dont il faut s’imprégner avant de foncer tête baissée.

Avec des mécaniques de gameplay évolutives où chaque personnage apporte son aide pour débloquer l’autre, on pense vivement à Brothers a tale of two sons. Alors que niveau mécanique de gameplay et ambiance profonde sans être oppressante ou angoissante, on dépasse clairement A plague tale Innocence. On est sur une ambiance pas folichonne et en même temps tout le message de l’histoire, autant que les dialogues sont fondés sur l’espoir et le positif.

Avec une arrivée en grandes pompes, Eriksholm est pour moi un incontournable, où l’on prendra plaisir à repasser un week-end dessus dans quelque temps. Même si les mécaniques de gameplay en solo, sont un véritable atout, j’espère un Eriksholm 2 ou un prochain titre de River End Games avec la possibilité de jouer en coop.

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[TEST] Eriksholm: The Stolen Dream, le jeu d’infiltration qui marque l’été 2025
Graphismes
10
Histoire
8.5
Bande son
8.5
Gameplay
10
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0
Les +
Les mécaniques de jeu
La profondeur d'Eriksholm
Les graphismes
L'évolution progressive, impossible de se lasser
Les -
On en veut plus
9.3