Dear me, I was... - Cover

[TEST] Dear me, I was… : Une vie à peindre

Dear me, I was… est un jeu narratif interactif dans lequel nous suivons l’histoire d’une femme depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son plus grand âge. Édité et développé par Arc System Works, le jeu va à contre-courant par rapport aux travaux dont nous avons l’habitude de voir chez eux. Ici, pas de baston à la Guilty Gear ou Blazblue. On est sur une histoire de vie sublimée par les talents de l’artiste Taisuke Kanasaki. Si ce nom ne vous dit rien, peut-être que les jeux sur Nintendo DS comme Another Code ou Hotel Dusk : Room 215 vous parlerons mieux, parce que ces illustrations sont de lui ! Dear me, I was… jeu ou film interactif ? On y répond tout de suite !

Jeu : Dear me, I was… Genre : Narratif Studio : Arc System Works Editeur : Arc System Works Date de sortie : 31 juillet 2025 Plateformes : Nintendo Switch 2 PEGI 3 Prix conseillé : 7,99€ solo Testé sur : Nintendo Switch 2(Clé fournie par l’éditeur)
Dear me, I was.. - L'héroïne se tient devant la mer et tourne la tête pour nous regarder
L’héroïne que nous allons suivre sur plusieurs décennies

Dear me, I was…, une histoire de vie

Une femme crayonnée regarde pensivement par la fenêtre. Elle tient dans ses mains un carnet qu’elle ouvre et commence à feuilleter. C’est ainsi que débute le récit de Dear me, I was… qui va traverser les époques. On va suivre la vie d’une femme. Vivre ses joies, ses peines. Des rencontres mémorables, des doutes fugaces. C’est une histoire dans laquelle n’importe qui pourrait se retrouver. On y traite de l’amour, de la solitude, de la perte d’un être cher. Les regrets qu’on pourrait tous avoir au fond de nous. Les banalités de la vie font les forces de ce récit. Difficile de vraiment en parler, sans vous gâcher la surprise, alors qu’il ne dure que l’espace d’un instant. 40 minutes brèves qui m’ont fait passer d’un sentiment à l’autre, presque trop rapidement.

Un récit muet, mais parlant

Je ne sais pas comment elle s’appelle, mais je veux déjà connaître son histoire, les épreuves qu’elle va traverser, ce qui va la définir en tant que personne. Le premier chapitre s’ouvre sur une petite fille en compagnie de ses parents. La vie est belle, j’assiste, médusé par les visuels, à ce qui ressemble à un quotidien classique, plein de rires et de complicité. Pourtant, comme pour jouer avec mes émotions, le jeu prend soudain une tournure plus sombre.

Dear me, I was.. - L'héroïne dessinée dans des couleurs ternes
Les couleurs parlent parfois plus que les mots

Les chapitres s’enchaînent et la fille grandit progressivement. Pendant ce temps, aucune parole, aucun écrit n’est montré. Tout se comprend par la mise en scène et les animations par rotoscopie. Ce n’est pas pour autant un jeu silencieux. Les personnages ne parlent pas, mais l’image et la musique parlent à leur place. Un piano nous accompagne à tout moment, parfois couplé par un violon ou un violoncelle. Moi qui suis sensible à l’enrobage musical, je suis transporté par les compositions. La musique mélancolique va de pair avec les aquarelles animées de Taisuke Kanasaki. Le monde est terne lorsque l’héroïne est triste, coloré lorsqu’elle est heureuse. Je me suis déjà attaché alors que je ne la connais que depuis une dizaine de minutes et je lui souhaite une happy ending.

De l’interaction très limitée

C’est là que je me suis posé la question. Est-ce que le titre peut réellement être considéré comme un jeu vidéo ? Est-ce que juste de le proposer en court-métrage n’aurait pas suffi ? En effet, j’ai été véritable spectateur de cette histoire de vie. A de trop rares moments ai-je été réellement sollicité. Crayonner sur un carnet ? On aurait pu avoir un mini-jeu où on dessine le contour d’un objet. Mais non, je me suis contenté d’appuyer sur un bouton et bouger un peu le stick pour faire apparaître des illustrations, manger un petit-déjeuner ou attraper la main de quelqu’un. Finalement, cela m’a presque coupé dans la contemplation de ce film.

Dear me, I was.. - Notre père est dernier une dernière bulle à éclater
Les interactions se résument à quelques clics

Dear me, I was…, une œuvre qui ne s’adressera pas à tout le monde

Lorsque j’ai lancé Dear Me, I was…, je savais que cette histoire serait courte. Je n’ai par contre pas vu le temps passer. J’ai été bercé, transporté par ce destin criant de réalisme. Même sans avoir vécu les mêmes épreuves que l’héroïne, j’avais l’impression de la connaître après avoir plongé dans l’intimité de toute sa vie. Et au bout du voyage, j’en aurais aimé encore plus ! Le jeu aurait gagné à proposer d’autres scènes qui se joueraient entre les époques proposées. Dites-vous qu’en 10 chapitres, on passe de l’enfance à la retraite. Une vie on ne peut plus résumée. Mais c’est là un choix artistique réalisé par l’équipe du jeu qui, il faut le noter, est composée majoritairement de femmes!
Dans tous les cas, Dear me, I was…, ne conviendra pas à tous les types de joueurs. Il parlera énormément à certain tout en laissant d’autres totalement de marbre, et c’est parfaitement légitime. Peut-être laisserez-vous une chance à ce petit ovni ? Pour ma part, ça a été comme vivre une petite parenthèse poétique, sans violence ou challenge. Juste de la contemplation, une histoire éphémère qui ne changera pas ma vie mais qui restera un très bon souvenir.

Graphismes
10
Histoire
9
Bande son
10
Durée de vie
1
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0
Les +
Une histoire qui pourra d'adresser à n'importe qui
Les illustrations sublimes
Des musiques qui accompagnent à merveille l'image
L'art et la musique au service du récit
Proposé à petit prix, et encore...
Les -
Quasiment aucune interaction
Moins long qu'un épisode de série Netflix
7.5