Citizen Sleeper, c’est une petite bombe dans le monde des RPG. Lâchée en 2022 par le studio Jump Over The Age, composé d’une seule personne nommée Gareth Damian Martin, le jeu offrait une expérience narrative fascinante, entre jeu de gestion, jeu de rôle papier et épopée spatiale. Dans un monde dystopique, nous incarnions un Dormeur; copie synthétique d’un humain dont l’esprit a été transféré dans cette enveloppe robotique afin de servir, de manière plus résistante que nous autres, sacs de chair, des méga corporations. Escla- travailleur pardon de la mégacorpo Essen-Arp, nous échappions à notre servitude avant de prendre place à bord d’un vaisseau où tous nos choix et dialogues avaient une incidence sur le déroulement de l’histoire. Trois ans plus tard, Martin frappe encore et nous offre en ce début d’année la suite de ce titre chaleureusement accueilli par la presse. Nous l’avons testé pour vous, à l’occasion de la traduction française, arrivée au mois d’octobre et qui, disons-le, est une franche réussite, mais qu’en est-il du reste du jeu ?
Sommaire
Citizen Sleeper 2 : Starward Vector, une course pour suite ?
Le titre commence, comme tout bon jeu de rôle, par nous proposer le choix entre différentes catégories de Dormeurs : Opérateur, Machiniste ou Extracteur, chacun ayant des compétences diverses qui influeront grandement notre manière de jouer. Vous vous réveillez un peu dans le pâté, avec un dialogue intérieur où la peur prend le dessus. Puis, en ouvrant les yeux, vous faites face à un mystérieux personnage, appelé Laine, qui semble vous tenir en esclavage et qui parle de vous faire griller la cervelle en vous débranchant pour de bon. Profitant de son attention tournée vers vous, votre coéquipier Serafin le met hors d’état de nuire et vous vous enfuyez tous deux à bord de l’Astro, un vaisseau rudimentaire, mais vous mettant hors de danger… pour le moment. En effet, si votre fuite vous mène à Hexport, immense cité industrielle, vous vous rendez compte que Laine vous poursuit inlassablement. Et il vous faudra travailler dans l’urgence afin de réunir suffisamment d’argent, de carburant et de provision pour continuer à parcourir le chemin et tenir la distance, car il vous hait, de tout son corps. Non content d’être poursuivi par cet affreux, la course semble se faire aussi contre votre corps. Les Dormeurs sont en effet maintenus en bonne santé par une substance, fabriquée par Essen-Arp, appelée le Stabilisant. Votre corps ayant été réinitialisé, vous n’en avez pas besoin, mais d’étranges sensations psychiques et physiologiques semblent prendre le dessus. À vous d’enquêter et de comprendre ce qui vous arrive avant qu’il ne soit trop tard.
![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 46 Photo représentant un dialogue avec Serafin dans Citizen Sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/dialogue.jpg)
Des contrats, des ressources, dés à six faces
Citizen Sleeper 2 offre le même principe que sa grande sœur : Notre personnage possède cinq dés d’Action qui vont être utilisables une fois par Cycle. Ces dés allant de 1 à 6 et étant générés aléatoirement à chaque début de cycle vont vous permettre d’effectuer avec plus ou moins de réussites des actions contextuelles, et dont le résultat sera influencé également par vos compétences : Une action requiert des connaissances en Mécaniques, vous êtes Mécanicien et vous avez un dé 6 ? Vous pouvez être sûr de votre réussite. En revanche, ce même mécanicien doit effectuer un dialogue demandant des compétences sociales ? Alors rien n’est moins sûr. Si l’échec d’un dé peut simplement se solder par une perte d’énergie et l’utilisation dans le vent d’un dé ; il peut aussi avoir des conséquences bien plus désastreuses. Car au fur et à mesure de votre aventure, vous allez devoir engranger de l’argent, du carburant, des provisions pour continuer le voyage. Et comment gagne-t-on de l’argent dans ce monde fictif où on fonce pour s’évader après le boulot ? En travaillant pardi ! Chaque endroit aura son mercenaire un peu étrange, son vendeur de pièces filou, sa scientifique motivée, mais sans vaisseau. Et chacun vous proposeront des contrats vous permettant de remporter de grosses sommes, des pièces de vaisseau ou même d’autres informations sur votre épopée et l’univers qui vous entoure. Vous l’aurez compris, rien n’est gratuit, et le carburant pour vous rendre aux endroits des divers contrats non plus. Alors hop, on va faire la plonge à la cantine spatiale, on fait le plein et zou.
![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 47 Photo représentant la classe Extracteur de Citizen Sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/classe.jpg)
Dans l’espace, personne ne vous entend roller
![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 48 Photo représentant un contrat dans Citizen Sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/contrat.jpg)
Sur place, vous aurez besoin de diverses compétences proposées par un équipage savamment choisi, d’assez de provisions pour survivre et d’une bonne dose de sang-froid. Échantillonnage d’astéroïdes, désactivation de drone mortel, fouille d’épave stellaire, tout y passe. Ici, les échecs aux dés induisent souvent en plus une dose de stress ressentie par votre équipe, pouvant influer sur la qualité de leurs actions et pouvant abîmer vos dés à force de stress accumulé. Un dé cassé est inutilisable (en mode facile, il reste présent, mais ne fera jamais plus que 1) et un membre d’équipage trop stressé sera KO. Ajoutez à cela que chaque contrat contient une sorte de countdown contextuel qui peut très vite transformer une simple fouille de vaisseau en une explosion brutale vous laissant non seulement blessé, voire pire, mais en plus vous faire passer la récompense promise sous le nez. La préparation doit donc se faire dans la minutie, afin que l’exécution ne se fasse pas dans la douleur.
![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 49 Photo représentant l'arbre de compétences de notre personnage dans Citizen Sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/PC.jpg)
Au fil de votre progression et des quêtes bouclées, vous récupérez des points à dépenser. Vous pouvez les utiliser pour renforcer vos compétences et boucher quelques trous dans votre panoplie, ou bien les investir dans ce que le jeu appelle des Efforts. Ces Efforts déclenchent toutes sortes d’effets sur vos jets de dés : relancer un dé, doubler une valeur, ce genre de petites magouilles. Bien placés, ils peuvent vous tirer d’un sale moment. Mal utilisés, ils peuvent aussi vous enfoncer un peu plus dans la mouise. Bref, c’est à manier avec prudence. Et puis, ne rêvez pas : vous n’arriverez pas au bout de l’aventure tout seul. Soyez donc correct avec ceux qui vous filent un coup de main ou vous proposent des contrats. Ces braves gens pourraient devenir des alliés bien plus précieux que vous ne l’imaginez.
Des étoiles pleins les yeux
Citizen Sleeper premier du nom réussissait le tour de force de proposer une ambiance immersive avec une économie de moyens forçant l’admiration, et Citizen Sleeper 2 n’est pas en reste de ce côté. On trouve toujours la formule d’environnement en 3D et d’une abondance de menus, de dialogue et d’informations à assimiler.Au premier abord, on peut clairement se sentir paumé. Je vous conseille d’ailleurs d’activer le didacticiel, parce que la quantité de trucs à assimiler est tout simplement titanesque. Heureusement, l’ergonomie est vraiment bien fichue. L’écriture est soignée, et l’interface réussit ce petit miracle d’être à la fois épurée et parfaitement compréhensible. Pour ajouter à l’immersion, la musique d’Amos Roddy revient, planante et belle comme celle du premier. Une franche réussite sur ce point. À une époque où sortir un jeu presque entièrement composé de menus ressemble à un pari un peu casse-gueule, celui-ci s’en tire haut la main. Il faut aussi saluer, une nouvelle fois, l’équipe de localisation française. Ils ont couvert l’intégralité des textes du jeu, et croyez-moi, il y en a une montagne. Le tout avec une traduction de haute volée, capable de restituer sans faiblir la beauté amère de la langue originale.
![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 50 Photo représentant la Porte d'Hélion dans Citizen Sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/astro.jpg)
Citizen Sleeper 2 : Starward Vector, un véritable one-man show
Se dire que tout ceci est l’œuvre d’un studio composé d’une seule personne est assez vertigineux. Bien entendu, Gareth Damian Martin n’a pas tout fait tout seul et a su s’entourer d’éléments brillants pour donner une suite dans la même veine que le premier, mais offrant un univers tout aussi brillant, étendant ainsi un monde qu’il nous tardait de retrouver depuis 2022. S’il ne convaincra pas les plus réticents à la lecture, les amateurs de dystopies spatiales, de cyber-punk et de jeu de rôle papier seront comblés. Peu de fioritures pour laisser place à une efficacité redoutable, vous serez nombreux à suer en croisant tous vos doigts pour qu’un dé vous donne le succès escompté. Les décisions à prendre sans aucune légèreté, le temps qui semble vous filer entre les doigts et l’envie de découvrir la suite de l’histoire malgré le fait qu’il soit déjà quatre heures du matin et que c’est la troisième fois que vous recommencez le jeu pour en découvrir ses multiples fins et embranchements, tout ça dans ce qui pourrait basiquement s’appeler “Menus : le jeu” ? On en redemande encore et encore, y’aura-t-il un trois ? Eh bien selon le créateur oui, mais pas sous la forme d’un jeu vidéo selon lui. Mystère à suivre

![[TEST] Citizen Sleeper 2 : Starward Vector 45 image de présentation de citizen sleeper 2](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/11/splash.jpg)