Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava se tenir devant le mont Kami

Cairn, l’ascension fulgurante d’un studio déjà prometteur

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Chez The Game Bakers, on n’a jamais fait les choses à moitié : du tactical mobile aux beat’em up survitaminés en passant par des visual novel doux, chaque nouveau titre du studio indépendant apporte ses nouveautés et de nouvelles façons de jouer. Eux-mêmes se définissent comme une équipe qui “fait ses jeux comme elle cuisine” et dans chaque titre se ressent la liberté offerte aux joueurs de se créer sa propre aventure. Quand Cairn fut annoncé, il semblait porter toutes les valeurs du studio et plus encore : un simulateur d’escalade, où la survie et la liberté dansent ensemble. Très vite intrigué par ce titre, et doté d’un magistral vertige sitôt qu’on dépasse les deux mètres de hauteur, je me suis lancé sans hésitation à l’assaut du mont Kami, et mon dieu que je ne fus pas déçu.

Jeu : Cairn Genre : Escalade/Survie/Simulation Studio : The Game Bakers Editeur : The Game Bakers Date de sortie : 29 janvier 2026 Plateformes : PC Windows, PS5 PEGI 16 Prix conseillé : 29,99€ solo / Testé sur : PC (clé fournie par l’éditeur)

Cairn, Aava quand même pas faire ça ?

Cairn vous place dans la peau de Aava, une alpiniste professionnelle battant sans cesse des records de grimpe en solitaire. Taciturne et entièrement liée aux sommets qu’elle escalade, notre héroïne entreprend la quête ultime de tout grimpeur : le mont Kami. Une montagne dont personne n’a encore réussi à atteindre le sommet. Beaucoup s’y sont frottés, et ceux qui en sont revenus parlent tous de la difficulté insurmontable que représentent ses parois. Les autres ne sont malheureusement plus là pour en parler. Consciente de tout ce que cela représente, Aava ne se laisse pourtant pas décourager . Vous partirez à l’assaut de cette légende, accompagné de votre fidèle Climbot, un petit robot vous fournissant l’assurance nécessaire à la réussite de votre quête.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava dans une tente accrochée à flanc de falaise
Je pense que même pour un million je ne dors pas ici

Pourtant, que la montagne est belle

Vous rencontrerez en chemin quelques personnages qui dérouleront leurs histoires respectives. Malheureusement, ces traces seront souvent trouvées sur des squelettes, des campements délabrés, dans des journaux détrempés ou dans des lettres laissées aux étoiles. Cadavres, sacs à dos solitaires ou encore messages gravés dans la roche à la manière de Sniper ne sont pourtant pas la seule vie que vous rencontrerez. La faune locale sera de la partie, des pikas, des chèvres, des oiseaux et peut-être même un ours ? The Game Bakers réussit à rendre le mont Kami on ne peut plus vivant et porteur d’un passé en mouvement, entre mélancolie et choc culturel.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava entourée de pikas
On croisera par moments des pika choux

Cairn réussit avec brio l’exercice de l’environmental design, ou le fait de raconter une histoire par le level design et les éléments qui vous entourent. Plus vous continuez votre ascension, moins sont nombreuses les traces humaines. Bien sûr, il y a encore les cavernes aménagées du peuple troglodyte dont on découvre peu à peu l’exode vers le “monde horizontal”, mais passé les vestiges de pierre, vous n’aurez plus que votre fidèle robot et l’aura menaçante de Kami pour toute compagnie. Je ne vous dévoilerai pas tout ce qu’il y a à découvrir, l’exploration faisant partie des nombreux plaisirs qu’offre le titre de The Game Bakers

Une bonne préparation est nécessaire en amont

Le principe de gameplay de Cairn est simple : vous contrôlez Aava dans deux boucles principales : la partie exploration et la partie grimpe (qui occupe 90% du jeu). La partie exploration vous fait marcher gentiment, avec votre sac sur le dos et vous permettra d’explorer les quelques alentours plats, ramasser les ordures laissées par les ingrats qui vous ont précédé ou encore simplement vous balader en admirant le paysage. Ca et là, des petits cairns (empilement de pierres plates laissées par les randonneurs) vous indiquent où vous pouvez sauvegarder et planter votre bivouac.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit un bivouac d'Aava
C’est comme Camping mais pas à la mer et y’a pas Franck Dubosc

Ne négligez jamais ces instants d’accalmie. Une fois dans votre tente, vous pouvez accéder à votre inventaire, cuisiner des plats afin de booster vos diverses jauges, réparer vos pitons, rebander vos doigts abîmés ou simplement dormir pour regagner en énergie. Une bonne préparation est essentielle puisqu’en escalade, vous n’aurez pas accès à votre sac à dos.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava dans sa tente
L’ascension est difficile mais on tente (désolé)

Aava devoir bien réfléchir à son expédition

Une fois en mode grimpe, vous prenez le contrôle de chaque membre d’Aava. Les bras, et les jambes, que vous devrez placer aux bons endroits afin d’assurer à la fois une bonne prise et une répartition du poids suffisamment équilibrée pour permettre à notre grimpeuse de progresser sans trop se fatiguer. Une bonne étude du terrain est nécessaire et vous pourrez, avant de vous élancer ainsi que pendant vos ascensions, jauger des prises à venir et de quelle route emprunter pour être le plus optimal possible

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava étudier une paroi afin de repérer les routes possibles
Étudiez avec minutie les routes, un faux pas peut être fatal

Surveillez votre soif, votre énergie, votre faim et votre froid. Sans quoi, la perte de connaissance vous attend, ou même pire. Vous pouvez vous assurer à l’aide de pitons autovissants, qui vous permettent de sécuriser une partie de vos efforts. Attention, ils sont en nombre limités et s’usent à force d’utilisations ou si vous ne les calez pas correctement dans la roche. Prudence et autoévaluation sont les maîtres mots d’une grimpe réussie

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit le tutoriel du jeu nous apprendre à planter un piton
Avant de vous lancer à l’assaut de Kami, vous pourrez vous entraîner en salle

Le gamefeel du jeu est impeccable. Malgré ma très petite expérience en escalade, je sentais à chaque fois comment le personnage pouvait appréhender tel ou telle piste. Certes, si le jeu se veut aussi une simulation, il est tout de même permissif sur les mouvements de l’héroïne et se tordre le corps dans tous les sens afin d’attraper un rebord salvateur fait partie des possibilités.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit Aava se tenir avec un grand écart entre deux prises
Par moments, le jeu vous transformera en Jean-Claude Aavandamme

Aava pas porter tout ça pour rien quand même ?

Les recettes craftées dans votre bivouac, la magnésie (dont vous pouvez refaire des stocks en recyclant les ordures ramassées ou issues de votre sac à dos), les bandelettes; tous ces outils sont là pour que vous vous en serviez. Et là où nombre de jeux créent chez le joueur le syndrome du “je vais garder ce truc utile pour plus tard” jusqu’aux crédits de fin; Cairn nous asphyxie juste ce qu’il faut pour qu’on se lance à corps perdu dans l’utilisation de toutes les ressources possibles.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit les mains d'Aava afin de voir si leur état nécessite un soin
Une bonne adhérence est nécessaire, soignez vos doigts

Combien de fois je me suis retrouvé au début de mon aventure à regretter de ne pas avoir bu ce thé à temps, quand le froid s’est emparé d’Aava, la faisant chuter de précieuses dizaines de mètres. Tandis que je voyais sa rage en jeu, je laissais pousser la mienne dans un flot de mauvaise foi avant de reprendre mon ascension en me jurant de ne plus refaire cette erreur. Spoiler, c’est quand même arrivé.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit le contenu du sac à dos d'Aava
Un système de rangement assez désordonné mais très pratique au demeurant

Toujours plus loin, toujours plus haut, toujours plus fort

Cairn est une recette qui fonctionne parce que chaque ingrédient est minutieusement dosé. Le gameplay, simple et complet de notre personnage, le level design oscillant entre liberté et dirigisme subtil, l’histoire qui nous laisse aussi bien nous identifier que juger Aava et sa relation au monde. Et puis, la direction artistique assemble tout ça en un plat qui ravit les yeux et les oreilles. Mathieu Bablet, directeur artistique du jeu nous sert un véritable bijou visuel. Nous avons eu la chance de recevoir l’édition Deluxe du jeu comprenant un carnet de voyage contenant ses illustrations, c’est beau, il n’y a rien à dire de plus.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit un carnet illustré par Mathieu Bablet
C’est doux et beau comme du Miyazaki

Le choix artistique du cel-shading permet une ambiance épurée qui rend lisible n’importe quelle surface à escalader, tout en se combinant à un jeu de lumières absolument magnifique qui nous fait nous évader en regardant les étoiles au dessus de nous, le soleil qui se lève et se couche sur la roche, le tout épousant un sound design qui nous transporte du calme de la nature et de son silence à l’immensité grondante des intempéries.

Capture d'écran du jeu Cairn où on voit le personnage principal près d'un point de sauvegarde
La montagne, ça vous gagne (j’étais obligé)

Enfin, la bande originale, qui nous a été offerte, est une franche réussite. Composée par Martin Stig Andersen, en collaboration avec Gildaa et The Toxic Avenger; elle habille Cairn magnifiquement. Envoutânte, épique, triste, chaque passage nous berce et permet autant la contemplation que la rage de se surpasser.

Cairn, un jeu de simulation au sommet ?

J’ai longtemps attendu Cairn, sa promesse d’un jeu oscillant entre simulation, contemplation et puzzle me plaisait, et déjà grand amateur des productions de The Game Bakers, je nourrissais de grands espoirs. Et mon dieu que je n’ai pas été déçu. L’ambiance, le gameplay, la narration, le visuel, l’audio, tout m’a plu. Le titre est un franc succès puisqu’il s’en est déjà vendu 300 000 une semaine après la sortie et c’est très compréhensible. J’ai rarement vu un jeu aussi généreux et bien fini sur tous les plans qu’il aborde. Et si vous craignez que le jeu ne soit trop dur pour vous, les développeurs ont pensé à donner tout un tas d’options d’accessibilité et de difficulté pour que chaque public puisse apprécier l’aventure d’Aaava. Je l’ai fait d’une traite en une quinzaine d’heure en mode normal mais j’en redemande, alors je vais finir de hurler sur le mode Free Solo, en mort permanente avant de repartir en mode facile avec toutes les options activées. Vous êtes libres de jouer comme vous voulez. Alors attrapez vos pitons, votre magnésie, votre bouteille d’eau et foncez vous coller à la roche, vous n’en ressortirez pas déçu

Graphismes
10
Histoire
10
Bande son
10
Gameplay
10
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0
Les +
Un gameplay impeccable avec une difficulté parfaitement dosée
La liberté offerte quant aux routes possibles
Des ambiances incroyables, dans le jeu comme dans la narration
Les -
Les ressources s’amaigrissent très vite si on ne fait pas attention
La compréhension de l’endurance se fait à la dure
Beaucoup de cascades et trop peu de trésors derrière
10