Blasphemous 2 - Cover

[TEST] Blasphemous 2, fin de la pénitence

Du sucre, des épices et des tas de bonnes choses, tels étaient au départ les ingrédients pour créer des petites filles parfaites nous disait le générique des Super Nanas, mais ça n’a RIEN À VOIR avec ce dont nous allons parler ici. Du sang, des morts, et des tas de goules, d’âmes maudites, de royaumes effondrés, d’imagerie chrétienne et andalouse, de la passion, des viscères, des armes, de la guitare endiablées et de la douleur. Tels sont les ingrédients pour créer un jeu envoûtant qui vous absorbe, vous éventre et repart en laissant sa marque indélébile dans votre esprit. C’était en 2017, c’était Blasphemous et c’était incroyable. Six ans plus tard, un nouveau Pénitent prend vie avec Blasphemous 2 sur Nintendo Switch. Reprenez les armes, vous avez beaucoup à voir et à faire.

Jeu : Blasphemous 2 Genre : Action, Plateformes, Aventure, Metroidvania, RPG Studio : The Game Kitchen Editeur : Team 17 Date de sortie : 24 août 2023 Plateformes : PC Windows/Mac, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch PEGI 16 Prix conseillé : 29,99€ solo Testé sur : Switch

Blasphemous c’est le gros bébé de The Game Kitchen, un studio espagnol composé de plusieurs copains qui à la base se retrouvaient en dehors de leurs jobs respectifs pour créer des petites expériences ludiques, des gamejams, des jeux un peu concepts, bref, toute une tambouille de recherche et de créativité qui allait mener à The Last Door, une série de jeux dont le style dessinait déjà les contours de Blasphemous. En 2017, une campagne Kickstarter allait permettre de financer le titre et les joueurs ont découvert un univers inventé pour l’occasion : la Dark Fantasy Andalouse. Très inspiré par des jeux comme Castlevania : Symphony of the Night ou encore les productions FromSoftware, The Game Kitchen veut trouver un moyen de mélanger les folklores.

Le protagoniste au départ est pensé comme un ninja-samouraï-chevalier errant dans un monde en ruines. C’est à force de recherche, et par la volonté d’insuffler à l’univers les influences du sud de l’Espagne dans lesquelles les développeurs ont grandi, que le Pénitent trouvera son style, mêlant capirote des pèlerins de la Santa Semana, une armure souple permettant l’agilité et la souplesse, une ceinture rouge pareille à l’obi japonais. Rien qu’en étudiant le chara-design d’un personnage fait avec quelques pixels, on a un aperçu du soin apporté au jeu et à son univers. Et ce travail d’orfèvre se retrouve dans la suite de l’opus, à tous les niveaux. Loin d’être une suite reprenant la même recette, il la perfectionne, ajoute des mécaniques, sublime encore la direction artistique et offre plus que jamais un univers entre l’horreur et la beauté, le grotesque et le dépouillé, l’exigence et le répit.

Une suite qui fait le plein de nouveautés


On démarre en se réveillant d’un sarcophage de pierre après une cinématique belle à tomber (dont je n’ai pas le droit de vous parler ici, mais faites-moi confiance, écoutez ça au casque et pleurez devant la beauté de la chose) et déjà deux nouveautés s’offrent à nous : le doublage intégral du jeu en espagnol dont le casting est on ne peut plus réussi. Des voix jeunes, âgées, graves, dont le jeu s’accorde parfaitement avec ce monde de misère et de douleur.
Et, pour la partie gameplay : le choix initial entre trois armes. Vous ne vous contentez plus seulement de l’épée et de ses pouvoirs, vous choisissez désormais différents styles de gameplay. Vous aurez une épée plutôt bien équilibrée entre vitesse et dégâts, une paire de stylets dont les dommages seront réduits au profit de la vitesse d’exécution et un encensoir énorme qui fera office de masse, plus lent, mais redoutable côté force de frappe.

Un gameplay aux petits oignons


Ne vous en faites pas, le choix de départ ne vous privera de rien : vous retrouverez dans l’aventure les deux autres armes. Ce qui va changer, outre votre approche initiale du jeu, ce sont surtout les endroits qui vous seront accessibles. Certes, comme dans tout bon metroidvania, vous aurez des capacités permettant de vous accrocher au mur, de parcourir des étendues infranchissables et autres classiques du genre ; mais les armes vous ouvriront des voies grâce à leurs capacités. L’épée vous permet une attaque en piqué dont les ondes de choc peuvent détruire des barrières de ronce, les stylets et leur rapidité vous enrobent d’une électricité vous permettant de vous téléporter dans certaines zones et l’encensoir et sa masse frapperont et feront sonner les cloches dont la vibration sonore créeront des plateformes vers de nouvelles hauteurs.

Outre cette variété qui vous permettra de vous adapter aux différents boss, même si la plupart du temps, il s’agit de bourriner sans être greedy, vous aurez également trois autres aspects importants vous permettant de vous faire le jeu “à la carte” qui est la composante principale des metroidvania : les prières et ferveurs, les perles de rosaire et le retable. Les prières et ferveurs sont différents pouvoirs vous demandant ou bien d’appuyer sur B ou bien B+bas afin d’enclencher différents pouvoirs : téléportation au village central, ondes de choc, éclair, flammes. Les perles de rosaire auront divers effets allant de la résistance aux dégâts à la vitesse, et le retable vous demandera de trouver diverses sculptures ayant, elles aussi, des influences sur vos statistiques, ET EN PLUS ON PEUT FAIRE DES COMBINAISONS. Bien plus fouillé et complexe que son prédécesseur, Blasphemous 2 est plus que jamais une réussite. Bien sûr, tout cela peut paraître compliqué et le fait que tout nous soit expliqué en bloc au début peut apeurer les non-initiés, mais passé les tableaux d’explication indigestes, l’utilisation effective de toutes ces mécaniques se fait suffisamment lentement pour qu’on prenne le temps de les étudier pas à pas et se familiariser de mieux en mieux.

Blasphemous 2, mi amor !


L’univers de Blasphemous 2 est sublime, il n’y a pas d’autre qualificatif. Les environnements en pixel art jouant sur la suggestion aussi bien que le détail visuel, les arrières plans et les palettes habillant en un tableau les divers biomes, les animations de déplacement, d’attaque, de mort de vos ennemis ; tout est réussi. La BO de Carlos Viola, déjà à pleurer dans le premier opus, offre ici encore de magnifiques moments et cette cuisine aux mille saveurs réussit à nous faire vivre des moments épiques, des instants de pure contemplation dans un jeu en pixel 2D, faisant un beau pied de nez aux amoureux inconditionnels du ray-tracing. J’ai fini le jeu en une trentaine d’heures, et je sais que les sept à dix dernières heures étaient juste superflues, du bonbon d’exploration, de jeu pur avec le contrôleur qui glisse, saute, frappe, enflamme, pique et fonce. M’imprégner de ces ambiances, de ce lore si particulier qu’on découvre, à l’instar des Souls, via la description des objets. Ces dernières sont fournies et longues à souhait ou parfois résumées en deux ou trois lignes. Dans les deux cas, vous vous casserez la tête et regarderez des vidéos explicatives de quatre heures s’appelant probablement “BLASPHEMOUS II LORE EXPLAINED W/ ALL ENDINGS”.

Conclusion

Oui, en août, on a plus envie de party game et d’un petit Switch Sports avant d’aller piquer une tête dans l’eau. Mais ce n’est pas votre chemin, Pénitent. Fermez ces fenêtres, enfilez votre cilice et flagellez-vous dans la pénombre, de plus grandes choses vous attendent. Blasphemous 2 est un bijou, alors foncez dessus, mettez-vous un casque ou des enceintes, prenez en plein les mirettes et retournez affronter le Miracle à Cvstodia.

Gameplay
9.5
Graphismes
9
Bande-son
9.5
Durée de vie
8.5
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Les +
Retourner à Cvstodia
L’ambiance si particulière
Le gameplay encore plus varié
LA MUSIQUE
LES PIXELS
TOUT
Les -
Beaucoup d’infos à emmagasiner dès le début
Sinon rien
Non vraiment je vois pas
Ha si ! Faut pas avoir peur du sang...
9.1