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[TEST] ATELIER YUMIA: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée

Avec Atelier Yumia: l’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée , Gust continue d’explorer l’univers des alchimistes avec un nouvel épisode qui promet un mélange d’exploration, de crafting et d’aventure. Ce nouvel opus parvient-il à se démarquer de ses prédécesseurs, ou suit-il la même recette sans grande surprise ?

Jeu : ATELIER YUMIA: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée Genre : JRPG Studio : KOEI TECMO GAMES CO., LTD. Editeur : GUST. Date de sortie : Date de sortie : 21 mars 2025 Plateformes : PC Windows, PS4, PS5, XBox Series X, PEGI 12 Prix conseillé : 69,99€ solo / Testé sur : PS5 (clé fournie par l’éditeur)
Atelier Yumia nous met dans la peau de Yumia, une jeune alchimiste en herbe qui suit les traces de sa défunte mère en manipulant les éléments. Son but ? Sauver son village, découvrir les secrets de l’alchimie et, accessoirement, fabriquer des potions qui ne sentent pas la chaussette moisie.

L’histoire suit une trame classique : une héroïne naïve mais déterminée, des compagnons hauts en couleur, et une intrigue qui mélange découverte personnelle et menace grandissante sur le monde. Si le scénario n’est pas révolutionnaire, il est porté par des dialogues légers et une direction artistique qui respire la bonne humeur.

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Qui est ce mystérieux personnage ?

Un système d’alchimie toujours aussi addictif ?


L’alchimie reste au cœur du gameplay, avec un système qui permet de combiner des ingrédients pour créer des objets, armes et potions. Bonne nouvelle : la mécanique a été simplifiée sans être appauvrie, ce qui rend l’expérimentation toujours aussi plaisante.

Chaque recette demande de réunir des ingrédients aux particules élémentaires spécifiques (rouge, bleu, vert, etc.), qu’on collecte en explorant ou en récoltant dans les fameux Geysers de mana. Le positionnement des ingrédients dans une grille de transmutation influe sur les propriétés finales de l’objet. Bonus de soin, effets de statut, durabilité… tout peut être optimisé avec un peu d’astuce (et beaucoup de grind) mais aussi grâce à la possibilité de choisir l’option qui maximise la qualité avec les éléments dont on dispose.

Et petite nouveauté : certaines recettes nécessitent des souvenirs précis obtenus lors d’événements clés du scénario ou via les quêtes secondaires. Une bonne idée pour renforcer la cohérence entre narration et gameplay.

Côté plaisir : c’est addictif, gratifiant, et toujours aussi satisfaisant de concocter une bombe élémentaire en ayant commencé avec une fleur et un bout de tissu.
Côté frustration : les effets des ingrédients ne sont pas toujours bien expliqués, ce qui peut rebuter les moins patients.

La vraie question est : avez-vous la patience de récolter 200 fleurs juste pour crafter une super arme ?

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Yumia et ses alliés, équipe de choc ou groupe de bavards ?

Des combats dynamiques, mais un peu trop sages


Les affrontements dans Atelier Yumia se déroulent en temps réel, avec un système nerveux et réactif qui tranche avec les traditions au tour par tour de la série. Yumia combat aux côtés de deux compagnons, tous entièrement jouables, et chacun dispose d’un ensemble de compétences directement accessibles via les touches de raccourci (ABXY ou Croix/Carré/Rond/Triangle, selon votre manette préférée).

Chaque capacité possède un nombre d’utilisations limité avant d’entrer en cooldown. Plus l’attaque est puissante, plus le temps de recharge est long, obligeant à jongler intelligemment entre les coups disponibles. Une fois vos attaques à sec, plusieurs options s’offrent à vous : patienter, au risque de subir les assauts ennemis, passer le relais à un allié pour qu’il prenne le relais offensif pendant que Yumia recharge, ou bien faire appel à l’alchimie en combat. Cette dernière permet d’utiliser des objets conçus en amont – eux aussi soumis à un cooldown, mais réutilisables à volonté.

Autre subtilité : le positionnement en temps réel a son importance. Être à distance ou au corps-à-corps débloque des attaques différentes, incitant à se déplacer constamment pour exploiter les bons angles et adapter ses choix en fonction de la situation.

Autre fait notable, aucune attaque automatique dans cet opus. Ici, tout se fait manuellement, compétence par compétence. Il faut rester actif, alterner entre les alliés, gérer les ressources et maintenir une pression constante pour éviter les temps morts.

Les animations sont fluides et d’une grande qualité, et les compétences liées à l’alchimie ajoutent une touche stratégique appréciable.

Le système reste plaisant mais aurait mérité plus de diversité dans les mécaniques de combat. En gros, vous allez spammer toutes vos compétences jusqu’à ce que mort s’en suive.

La difficulté générale est assez faible, rendant les combats peu stimulants, sauf contre les boss. Si vous aimez les défis corsés, Atelier Yumia risque de vous paraître un peu trop tranquille en mode normal.

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Les cooldowns, ces ennemis invisibles.

Un monde à explorer, mais un level design en retrait


Sur PS5, Atelier Yumia affiche des graphismes colorés et un cel-shading qui donne un cachet féerique à l’ensemble. Les modèles des personnages sont particulièrement soignés, avec des expressions faciales bien animées et des détails qui renforcent leur personnalité. Les effets de lumière, notamment lors des phases d’alchimie, sont réussis et apportent un côté presque magique aux manipulations.

Les environnements, bien que variés, oscillent entre le magnifique et le légèrement vide. Certaines zones regorgent de détails charmants, avec des couleurs vives et une ambiance digne d’un conte de fées, tandis que d’autres souffrent d’un manque de densité et de vie. La direction artistique compense en grande partie ce problème, mais on aurait aimé voir des décors un peu plus animés pour renforcer l’immersion. Heureusement, le jeu tourne sans accroc, offrant une fluidité exemplaire, ce qui permet de profiter pleinement des paysages et des animations sans être gêné par des ralentissements.

Atelier Yumia propose un monde semi-ouvert aux accents contemplatifs, parsemé de zones interconnectées que l’on explore à son rythme. Exit les environnements plats et génériques : ici, le relief est roi. Collines, falaises, grottes, ponts naturels ou plaines fleuries, chaque recoin invite à la flânerie ou à la fouille minutieuse. Le terrain n’est pas juste un décor : il influe sur vos déplacements et cache souvent des surprises bien gardées.

A noter que certaines destinations principales sont rudement bien cachées et la carte du monde ne vous sera pas d’une grande utilité.
Celle-ci est peu détaillée, c’est vraiment en explorant et en vous perdant que vous parviendrez à vos fins. 

Les ennemis, eux, patrouillent à vue, et sont plutôt lent. Bonne nouvelle donc, pour les allergiques aux combats : vous pouvez les éviter facilement. En sprintant avec Yumia, je ne me suis jamais fait rattraper par un monstre.

Mais Atelier Yumia ne se limite pas à la cueillette. Bien sûr, on peut ramasser des ingrédients (en secouant un arbre ou en cueillant une fleur rare au bord d’un précipice), mais le monde regorge d’interactions plus variées. Discuter avec des esprits errants pour débloquer des souvenirs, activer d’anciens autels pour ouvrir de nouvelles routes, résoudre de petites énigmes environnementales ou encore apprivoiser certaines créatures pour accéder à des zones inaccessibles à pied : les activités annexe ne manquent pas mais elles manquent d’intérêt.

Ce monde poétique pousse à l’exploration en vous forçant à explorer pour atteindre votre destination. Mais c’est aussi un jeu qui récompense la curiosité, sans vous noyer sous des marqueurs d’objectifs : vous avancez comme bon vous semble, et chaque détour peut mener à une belle trouvaille.

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Entre deux monstres, un petit coin paisible pour ramasser des champis.

Une bande-son envoûtante et un doublage soigné


Comme toujours dans la série Atelier, l’OST est un très bon point. Les compositions oscillent entre douceur et moments épiques, accompagnant parfaitement l’exploration et les combats.

La bande-son, fidèle à la saga, propose des thèmes enchanteurs et des musiques relaxantes, parfaites pour un jeu où l’exploration et la gestion prennent une grande place. Le doublage japonais est excellent, avec une mention spéciale pour Yumia qui ne passe pas son temps à crier mais plutôt à très vite passer à l’action !
Le rôle de la fille naïve qui crie pour rien est réservé à un autre personnage ne vous inquiétez pas.

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OST,entre féérie relaxante et montée d’adrénaline en combat.

Atelier Yumia : Le Japon fripon ?


Atelier Yumia ajoute une touche espiègle qui ne passera pas inaperçue. Entre les costumes suggestifs, les poses « accidentellement » évocatrices et certaines interactions qui jouent la carte du flirt innocent, le jeu utilise les codes du genre sans jamais tomber dans l’excès… mais en s’en approchant avec malice.

Comme à leur habitude, les développeurs semblent avoir pris un malin plaisir à saupoudrer l’aventure de scènes légèrement friponnes. Certains dialogues regorgent de sous-entendus légers et de situations cocasses où Yumia et ses amies se retrouvent dans des circonstances embarrassantes.

Cependant, le jeu reste dans une approche bon enfant et jamais vulgaire. Il s’inscrit dans la lignée de certains titres japonais qui jouent avec cette ambiance taquine sans en faire un élément central du gameplay. Les amateurs du genre apprécieront les petites touches d’humour et de fan-service disséminées ici et là, tandis que les autres pourront simplement hausser un sourcil en se concentrant sur l’alchimie et l’exploration.

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Fanservice alchimique, entre clin d’œil et gros sabots

Est-ce que Atelier Yumia est réussi ?


Si vous êtes fan de la série, vous trouverez dans Atelier Yumia tout ce qui fait le charme des Atelier : une ambiance chaleureuse, un gameplay relaxant et un système d’alchimie toujours aussi prenant. En revanche, ceux qui espéraient une véritable évolution risquent d’être un peu déçus, car le jeu ne révolutionne pas le genre.

Gust continue d’affiner sa formule sans prendre trop de risques. L’histoire et les personnages restent charmants mais (trop) stéréotypés, le système d’alchimie est toujours aussi bien pensé, mais le jeu souffre d’un certain manque d’audace dans son level design et ses combats.

Comptez une vingtaine d’heures pour filer droit vers la fin, en ligne droite, en suivant principalement la quête principale et en ne vous attardant que sur les synthèses essentielles. Mais soyons honnêtes : le jeu n’est pas pensé pour les sprinters. Il vous incite constamment à la flânerie, à l’expérimentation, à la balade qui doit durer « juste cinq minutes » et qui vous retient une heure, un peu comme dans un Zelda: Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom.

Graphismes
7.5
Histoire
6
Bande son
7.5
Gameplay
7
Passe la souris sur la barre pour noter le jeu1 Note
6
Les +
Les environnements variés et leur ambiance
Alchimie plus accessible et profonde
Une OST réussie
Des personnages attachants (je n’aurai jamais cru dire ça pour un jeu Atelier)
Les -
Manque de renouvellement dans les combats
Zones parfois un peu vides et basiques
Progression linéaire et très guidée dans la quête principale
7