Assassin’s Creed Shadows est probablement l’épisode de la série qui a fait couler le plus d’encre. Très attendu par rapport au contexte, il a enchaîné reports et scandales. De quoi entacher le tableau ? Après la découverte des origines, l’odyssée de Kassandra et la montée dans le Valhalla, place à la plongée dans les ombres.
Sommaire
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 54 Assassin's Creed Shadows - Naoe et Yasuke, un duo atypique](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-naoe-et-yasuke.jpeg)
Assassin’s Creed Shadows, un contexte historique
Assassin’s Creed Shadows plonge les joueurs en plein cœur du Japon féodal, durant l’époque Sengoku, une ère marquée par d’intenses conflits politiques et sociaux. Au centre de cette lutte pour l’unification du pays se trouve Oda Nobunaga, un seigneur de guerre aux méthodes brutales que vous croiserez dès l’introduction du jeu.
Cette ouverture vous permet de découvrir des moments clés de la vie des deux protagonistes : Naoe et Yasuke. D’un côté, Yasuke, le samouraï d’origine africaine, combat aux côtés de Nobunaga. De l’autre, Naoe, une shinobi dont la province natale, Iga, subit l’invasion du seigneur de guerre. Animée par un désir de vengeance, elle se lance dans une quête qui la mènera à traquer une mystérieuse organisation, introduisant ainsi le fameux “tableau de chasse” apparu depuis Assassin’s Creed Origins.
Cependant, vous ne contrôlerez pas immédiatement les deux héros. Le jeu prend le temps de vous immerger dans l’histoire de Naoe avant d’introduire Yasuke bien plus tard dans l’aventure.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 55 Assassin's Creed Shadows - Oda Nabunaga et Yasuke](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-nobunaga.jpeg)
Le Japon féodal, une terre d’évasion rêvée ?
Un monde aux couleurs changeantes
On ne va pas se le cacher, je porte très cher dans mon cœur le Japon et sa culture. Alors un Assassin’s Creed dans ce pays, c’est un peu jackpot. Si le jeu ne propose pas une carte aussi grande que ces prédécesseurs, on y gagne en qualité d’environnements. Jamais un jeu Assassin’s Creed n’aura été aussi immersif. Le nouveau moteur graphique utilisé fait des merveilles et on meurt d’envie de faire des screenshots toutes les secondes. Que ce soit les cerisiers en fleur, un Torii isolé dans une forêt mystérieuse, une forêt de bambous emmitouflés sous la neige ou une plaine vermeille aux couleurs de l’automne, tous les environnements sont vivants.
Le petit plus, c’est que vous allez vivre ce Japon à travers les quatre saisons. Ces dernières changent en effet régulièrement pendant la session de jeu et offrent une ambiance bien distincte.
L’environnement diffère avec la saison. On pourra par exemple profiter d’un lac gelé pour s’infiltrer dans une forteresse. Il faudra par contre faire attention en marchant sur les toits aux stalactites qui pourraient attirer l’attention sur vous.
N’oublions pas non plus la météo changeante avec un effet de pluie ou de tempête brillant de réalisme, quoiqu’un peu sombre sur mon écran à certains moments. Rien de pire qu’une infiltration en pleine tempête de neige, je vous assure !
En bref, nos pas au pays du soleil levant sont accompagnés d’une vraie contemplation, même après une soixantaine d’heures passées.
Une formule enfin plus digeste
Là où le jeu fait un peu moins bien, c’est dans sa variété. Parce que de beaux décors, c’est bien, mais il faut proposer de petites choses pour varier. On retrouve finalement toujours les mêmes activités à réaliser sur le chemin. Personnellement, je suis un grand amateur de carte intégralement dévoilée. Et pour la dévoiler, il faut se rapprocher physiquement des lieux. C’est là qu’on s’aperçoit que la majorité des forêts sont en fait vides. Ok, ça, c’est un délire de perfectionniste, alors si on suit la route, on tombe sur un peu plus de vie ? En vérité, pas vraiment. Certes, il y a des marchands qui se promènent par-ci par là. Il y a aussi des paysans qui vous récompenseront de les avoir sauvés de bandits. Ou encore des spots de kuki-jiri (de la méditation) et d’apprentissage de katas sous forme de QTE. Mais est-ce que c’est suffisant pour ne pas ressentir une légère lassitude ?
Paradoxalement, la quantité restreinte d’activités signifie également une carte moins chargée. Là où Ubisoft nous avait habitué à rencontrer un collectible à chaque pas (j’exagère), on a enfin une carte claire qu’il fait bon d’explorer. Les lieux se dévoilent très naturellement au gré de l’exploration. C’est ça, l’aventure finalement.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 58 Assassin's Creed Shadows - Les objectifs se multiplient](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-objectifs.jpeg)
Les châteaux, bastions de la répétitivité
Côté baston, il y a aussi des camps d’ennemis dans la nature ou au milieu de la ville et qui renferment de précieuses ressources. Et il y a des châteaux aussi. Essentiellement des châteaux. Trop de châteaux.
Les châteaux, ce sont de grosses bases qui vont suivre le même déroulé. Assassiner X samouraïs daishō (des lieutenants quoi) avant de pouvoir ouvrir le trésor. Tout le reste (les ressources notamment) est optionnel. Ces lieux sont en général vastes avec une enceinte extérieure précédent l’enceinte intérieure. Des tonnes de gardes protègent les structures. Autant dire que ça prend du temps. Rien de pire donc que de finir un château, avancer de quelques mètres pour retomber sur… un autre château.
Vous me direz, Nadium, rien ne t’oblige à le faire ?! Eh bien si, parce que comme par hasard, il y a un point de synchronisation au sommet du deuxième château. Et on sait à quel point ces points sont importants pour dévoiler des lieux de la carte et pour se téléporter.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 59 Assassin's Creed Shadows - La vision d'aigle de Naoe](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-vision-d-aigle.jpeg)
Un duo à la philosophie bien opposée
Passons enfin au gameplay pur et dur. Parce que l’exploration des contrées japonaises se fait dans le sang. Et pour ça, nous avons deux protagonistes entre lesquels alterner quand bon vous semble à partir du moment où Yasuke devient disponible. Et on peut dire que ce sont deux manières bien distinctes d’aborder le jeu.
Naoe, l’assassin par excellence
D’un côté, notre shinobi est un personnage agile. Pour ainsi dire, on renoue complètement avec les débuts de la saga avec un gameplay furtif et fatal. Naoe se déplace sur les toits, assassine avec élégance avec sa lame secrète ou ses kunai. Son grappin permet de prendre de la hauteur. Bref, un vrai régal d’infiltration qui comporte de petites nouveautés comme la possibilité de se dissimuler dans les ombres, ou même de ramper pour entrer par des trappes. Pour s’aider à passer inaperçu, Naoe dispose d’une petite panoplie d’outils de lancer, pour tuer ou détourner l’attention. Assassin par excellence, elle est la seule du duo à pouvoir utiliser la vision d’aigle.
Elle n’est pas en reste en ce qui concerne les armes de corps à corps. Vous aurez le choix d’en équiper deux parmi :
* Le katana, arme polyvalente qu’on ne présente plus, mais que Naoe tient de manière stylée. On peut même assassiner à travers les paravents grâce à lui.
* Le kusarigama, une faucille attachée à une longue chaîne qui est parfaite pour décimer les ennemis grâce à sa grande portée. Mon petit coup de cœur.
* Le tanto, un couteau qui permet les attaques très rapides, mais à (trop) courte portée. Pour moi, son seul intérêt est de l’équiper pour réaliser les doubles assassinats.
Il faut cependant noter, Naoe est très peu résistante aux coups, c’est pourquoi l’infiltration sera souvent la meilleure des approches.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 60 Assassin's Creed Shadows - Naoe, un gameplay rapide et mortel](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-combat.jpeg)
Yasuke, la machine de guerre
Quand vous prendrez en main le samouraï, vous allez sentir une nette différence de poids. Sa grosse armure y est pour beaucoup, mais aucune inquiétude, elle n’est pas que décorative. Yasuke encaisse les dégâts comme personne. Ses coups sont plus lents que ceux de Naoe mais étonnamment vifs. Le personnage est réactif et très agréable à manier. D’ailleurs, avec le bon équipement, Yasuke est capable de parer les attaques “rouges” imparables pour sa coéquipière.
Si vous aimez foncer dans le tas, son arsenal fera des ravages. J’ai personnellement trouvé super satisfaisant la rapidité avec laquelle il fait fondre les ennemis. Notre samouraï propose cinq armes ce qui prouve à quel point il est axé baston.
- Le katana, le seul doublon entre les deux personnages, bien que manié différemment
- Le naginata, une longue lance avec une lame à son extrémité
- L’arc et le Teppo (un fusil) pour les attaques à distance et des headshots
- Un petit dernier que vous débloquerez si vous jouez un peu plus !
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 61 Yasuke, un gameplay brutal](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-yasuke-combat.jpeg)
Deux personnages, un souci d’intégration
Deux personnages, deux fois plus de fun, mais il y a un hic. Je n’ai personnellement pas trouvé Yasuke adapté à la majorité du contenu du jeu. En-dehors des événements propres au personnage, ce dernier est desservi par son manque d’agilité. Avec sa grosse armure, Yasuke ne pourra pas grimper les bâtiments comme sa comparse, ou lorsqu’il le fait, il est lent et galère. Il n’a pas le grappin qui permet d’atteindre en un clin d’œil certaines hauteurs.
Quant à certains temples, il est tout bonnement impossible de récupérer les collectibles avec lui.
En fait, lorsqu’un des deux personnages peut tout faire, et que le switch est d’ailleurs pénible (devoir passer par le menu pour passer de l’un à l’autre), ça ne donne pas envie de se compliquer la vie.
Encore une fois, il m’est arrivé de le sélectionner pour faire des camps ou lorsque je ne voulais pas me casser la tête à faire de l’infiltration. Mais il est vraiment dommage que ses capacités soient aussi réduites comparativement, même si ces restrictions sont “logiques” dans un souci de “réalisme”. Si je pousse le curseur un peu plus loin : est-ce que le personnage aurait pu être réduit à un PNJ secondaire, mais majeur à l’histoire ? À méditer.
Double personnage, double personnalisation
De ce côté, on est en terrain connu. Vous lootez de tonnes d’équipements à la rareté variable, allant jusqu’à légendaire. Chaque équipement a un niveau augmentable chez le forgeron, si bien que vous pouvez garder votre arme ou armure préférée du début à la fin du jeu. Vous pouvez même choisir l’apparence que vous voulez pour vos différentes pièces d’équipement, parce qu’il est important de rester stylé et non dépareillé comme Geralt de Riv et ses armures de départ.
Les deux personnages disposent également de six arbres de compétences chacun, de quoi ressentir progressivement la montée en puissance et débloquer de nouvelles aptitudes tout au long de l’aventure. J’ai particulièrement aimé ces arbres de compétences divisés en plusieurs catégories.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 62 Asassin's Creed Shadows - Des équipements avec différentes raretés](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-equipement.jpeg)
Naissance d’une ligue
Très tôt dans l’aventure, Naoe fondera une ligue pour combattre le Shinbakufu. Grâce aux ressources récupérées partout où vous allez, vous construisez des bâtiments apportant des services indispensables tels que la forge, ou encore des éclaireurs. Ces derniers sont très utiles pour récupérer des ressources trouvées en pleine infiltration, ou pour situer l’objectif de votre quête. Car par défaut, le mode d’exploration n’est pas guidé. Vous devrez donc jouer à un petit jeu de déduction pour trouver l’emplacement de vos objectifs à partir d’indice. Même si la solution est assez facile, cela fait du bien de ne pas être entièrement tenu par la main.
Plus tard, à chaque nouvelle saison, ils vous dévoileront également des points d’intérêt que vous n’avez pas encore remarqué. Bref, des alliés en or. Ce ne sont d’ailleurs pas les seuls. En fonction des quêtes annexes réalisées, des alliés de taille renforceront vos rangs.
Toute cette petite base est à aménager selon vos souhaits grâce à une interface de construction. Je vois déjà venir les amateurs et amatrices qui passeront des heures à disposer tous ces bâtiments pour ensuite déambuler dans leur création ultra classe. De mon côté, je n’ai pas la patience, ni la fibre artistique, alors je me suis contenté de positionnements un peu aléatoires.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 63 Asassin's Creed Shadows - Construction de bâtiment](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-ligue.jpeg)
Les ombres au tableau
Malgré la grande quantité de contenu, la simulation au pays du soleil levant accuse de quelques soucis. On passera sur les bugs d’affichages ou de PNJ propres aux jeux Ubisoft.
Déjà cette quantité incroyable d’objectifs qui ne fit que de multiplier à chaque zone découverte. On s’aperçoit rapidement que tous se ressemblent. Tuer X type d’ennemis, tuer les membres d’un groupe. On a des quêtes somme toute extrêmement basiques qui font aller d’un point A à un point B.
Ensuite, là où les précédents volets proposaient des choix moraux compliqués, on n’a ici quasi aucun réel choix marquant à faire. Peu importe ce qu’on dit, l’histoire se déroulera souvent de la même manière, offrant une illusion de libre arbitre.
Un mal pour un bien, le côté Animus (on est toujours dans une simulation !) est en total retrait. Finalement, on s’en fiche complètement et je dois bien avouer que tous les passages avec Layla dans les précédents jeux m’avaient ennuyés de toute façon.
Côté histoire, je l’ai trouvé assez décousue. Ce problème se retrouve en réalité dans cette formule depuis Origins avec la liberté de faire les zones dans l’ordre qu’on veut. Forcément, ça empêche d’avoir un fil rouge clair. Mais ici, même les intrigues principales sont assez expédiées. On fait deux-trois quêtes, puis on attaque le château avec le membre du Shinbakufu à l’intérieur. On a réellement du mal à se sentir concernépar cette quête, peut-être également la faute à une mise en scène assez limitée.
Pour finir, on entend beaucoup parler d’intelligence artificielle de nos jours. Celle d’Assassin’s Creed Shadows n’est en tout cas pas prête à dominer le monde. Les ennemis sont toujours aussi faciles à duper et on peut faire des piles d’assassinats en les sifflant un par un. La découverte d’un allié mort n’est en aucun cas un mouvement de panique.
Un hommage culturel
Là où Assassin’s Creed Shadows brille par contre, c’est dans la retranscription du Japon. Déjà, les pages de codex sont une vraie mine d’or si vous vous intéressez aux traditions, bâtiments, etc. Ces traditions se retrouvent dans les activités et l’univers. Les torii trônent à l’entrée des temples, les personnages prient à des autels et retirent leurs chaussures. C’est ce genre de détail qui façonne un monde cohérent. Autant de petits détails qui, mis bout à bout, nous immergent parfaitement dans l’époque.
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 64 Asassin's Creed Shadows - Prière devant un autel](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-priere.jpeg)
Assassin’s Creed Shadows, un voyage satisfaisant
Dire que Assassin’s Creed Shadows est une révolution serait mentir. Le titre continue dans la lignée de la précédente trilogie Origins/Odyssey/Valhalla, mais twiste et ajuste la formule. Le tout m’a semblé nettement plus digeste, en commençant par une carte plus réduite pour faire dans la qualité plus que dans la quantité. Et encore, “petite” carte serait un euphémisme, on y passe facilement plus de 60 heures tant il y a à découvrir.
Point très positif, on retrouve un gameplay furtif satisfaisant aux côtés de Naoe qui joue le rôle d’assassin à la perfection. Yasuke est là pour ne pas dépayser les joueurs ayant aimé les gameplay plus bourrins des précédents opus. Malheureusement, son intégration est quelque peu bancale, ce qui dessert le personnage. Ubisoft propose de bonnes choses, mais aurait pu pousser l’audace plus loin en termes de nouveautés. En effet, les activités annexes ne brillent pas par leur originalité. L’histoire non plus peine à réellement tenir en haleine, la faute à une mise en scène trop légère. Les choix ne sont pas aussi marquants que dans les volets précédents retirant ainsi une vraie implication du joueur. Ce qui met par contre tout le monde d’accord, c’est ce Japon sublime avec ce moteur graphique qui fait des merveilles lors de toutes les saisons du jeu. Il s’agit en fait d’un jeu dans lequel se perdre et partir à l’aventure et plus que jamais la notion d’Animus est reléguée au second plan.

![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 53 Assassin's Creed Shadows - Cover](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-cover.jpeg)
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 56 Assassin's Creed Shadows - Naoe en hiver](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-hiver.jpeg)
![[TEST] Assassin's Creed Shadows, l'épisode du soleil levant 57 Assassin's Creed Shadows - Cerisiers en fleur](https://www.gamejima.fr/wp-content/uploads/2025/04/assassin-s-creed-shadows-printemps.jpeg)