Après un premier épisode salué pour sa direction artistique somptueuse et son ambiance contemplative, Planet of Lana II ne cherche pas à révolutionner la formule. Il l’approfondit. Et c’est sans doute son plus grand atout. Rassurez-vous, il n’est pas nécessaire d’avoir fait le premier épisode pour comprendre et profiter de celui-ci.
Sommaire
Planet of Lana II, une direction artistique toujours aussi marquante
Le premier Planet of Lana avait marqué les esprits grâce à son esthétique proche d’un film d’animation indépendant, quelque part entre poésie naturaliste et science-fiction minimaliste. Cette suite conserve cette identité visuelle forte, mais élargit considérablement son ambition.
Les environnements sont plus vastes, plus variés et plus dynamiques. La verticalité est davantage exploitée, les effets de lumière sont plus travaillés et les arrière-plans donnent une sensation de monde plus vivant. La mise en scène est également plus cinématographique, avec des cadrages qui renforcent l’immersion et la dimension émotionnelle.
Si le premier opus séduisait par sa simplicité élégante, cette suite donne l’impression d’un univers plus riche et plus assumé visuellement.
Une ambiance toujours centrée sur l’émotion
Comme son prédécesseur, Planet of Lana II semble privilégier la retenue plutôt que la surenchère. La musique accompagne l’action sans jamais l’écraser, et les silences conservent une place essentielle dans l’expérience. Le sound design paraît plus détaillé, renforçant la sensation d’immersion et la cohérence de l’univers. Le jeu prend le parti de faire parler ses personnages dans une langue inconnue et sans sous titres, laissant libre cours à notre interprétation durant les dialogues.
Là où le premier jeu touchait par sa douceur mélancolique, cette suite introduit une tension dramatique plus marquée. L’ambiance conserve son identité contemplative, mais elle gagne en intensité et en maturité.
La bande originale, composée par Takeshi Furukawa, s’inscrit parfaitement dans la continuité émotionnelle du premier opus tout en semblant gagner en ampleur. Son écriture musicale repose sur la retenue, privilégiant des thèmes délicats, des textures aériennes et une orchestration subtile qui accompagne l’image sans jamais l’écraser. Là où d’autres productions chercheraient l’emphase, Furukawa choisit la suggestion : les cordes respirent, les silences comptent, et chaque montée en intensité paraît mesurée. Cette approche renforce la dimension contemplative du jeu et soutient son identité poétique. Si la suite parvient à varier davantage ses motifs et à développer des thèmes mémorables sur la durée, l’OST pourrait devenir l’un des piliers majeurs de l’expérience, au même titre que sa direction artistique.

Un gameplay enrichi sans trahir l’ADN
Le premier Planet of Lana avait parfois été critiqué pour la simplicité de ses énigmes et un certain manque de renouvellement mécanique. Planet of Lana II semble répondre directement à ces remarques.
Les premières séquences montrent une interaction plus poussée avec le compagnon de Lana (Mui) , ainsi qu’une utilisation plus marquée de l’environnement. En effet, pour résoudre certains puzzle, vous allez devoir utiliser des machines, ajoutant l’équivalent d’un 3e voire 4e acteur, utile à la résolution de ceux-ci. Les puzzles sont plus organiques et mieux intégrés au décor, tandis que la verticalité et certaines séquences plus dynamiques apportent un rythme légèrement renouvelé.
Le jeu reste un puzzle-plateforme narratif, mais il donne l’impression de vouloir affirmer davantage son identité ludique. La coopération entre Lana et Mui devient un véritable pilier du gameplay, et non plus seulement un outil contextuel.
Pour le finir, il faudra compter 4 à 6h, il est donc un peu plus long que le premier épisode.

Une narration qui gagne en profondeur
Le premier Planet of Lana racontait une histoire simple et universelle, centrée sur la fuite, la survie et le lien entre nature et technologie. Dans ce second opus, on aborde l’arrivée des nouvelles technologies, synonyme de progrès, mais également synonyme de cupidité. Alors que les différentes tribus adoptent ces technologies à leur manière, les tensions se multiplient et la paix commence à vaciller.
Face à la soif de pouvoir de certains, Lana et Mui se lancent dans une aventure au cours de laquelle elles feront la lumière sur des vérités longtemps enfouies, tant sur leur planète que sur elles-mêmes.
Si la narration reste minimaliste et principalement visuelle, le scénario cherche à approfondir son univers plutôt qu’à simplement prolonger l’aventure. Cette ambition permet au jeu de dépasser le cadre intimiste du premier épisode.

Planet of Lana II, un second souffle maîtrisé
Planet of Lana II ne semble pas chercher la rupture radicale. Il vise plutôt une évolution maîtrisée et cohérente. Plus ambitieux visuellement, plus riche mécaniquement et potentiellement plus profond narrativement, il donne l’impression d’un projet qui apprend des limites du premier opus.
Le jeu parvient à conserver la sincérité et la poésie qui ont fait le charme du premier épisode tout en densifiant son gameplay et son univers, cette suite égale non seulement son prédécesseur, mais même le dépasse.




