Printemps 2026. Retenez bien cette date, car c’est à ce moment-là que DON’T NOD, le studio derrière Life is Strange et Jusant, nous embarquera vers les confins glacés du système solaire. Aphelion marque un virage audacieux pour le développeur français : exit les super-pouvoirs adolescents, place à une aventure spatiale viscérale qui emprunte autant à Uncharted qu’à Alien. Prévu sur PC, PS5 et Xbox Series X|S (avec un accès Day One dans le Game Pass), ce projet développé en collaboration avec l’Agence spatiale européenne promet une science-fiction ancrée dans une réalité scientifique crédible. Vous pouvez retrouver la démo jouée en cliquant sur le bouton play juste au-dessus.
Sommaire
Perséphone : mission de la dernière chance
En 2060, la Terre agonise. L’humanité, désespérée, mise tout sur une nouvelle planète glacée baptisée Perséphone. C’est dans ce contexte apocalyptique que nous suivons Ariane Montclair et Thomas Cross, deux astronautes de l’ESA chargés d’évaluer la viabilité de ce nouveau foyer potentiel. Seulement voilà : leur vaisseau Hope-01 s’écrase violemment à la surface hostile de cette planète mystérieuse.
Séparés par l’accident, nos deux héros devront survivre individuellement tout en cherchant à comprendre ce qui a provoqué leur chute. Rapidement, des phénomènes étranges se manifestent : la réalité elle-même semble altérée sur Perséphone. Au-delà de la survie pure, Aphelion explore des thèmes universels comme l’amour compliqué, la résilience et ce que nous conservons d’humain quand tout s’effondre. C’est la première incursion de DON’T NOD dans l’espace, et cette histoire de première mission humaine aux confins du système solaire porte déjà la signature émotionnelle du studio.

Grimper pour survivre : Ariane et le vertige spatial
Dès les premières minutes manette en main, une évidence s’impose : le gameplay d’Ariane évoque immédiatement Uncharted transposé sur une planète morte. Escalade intensive, sauts calculés, glissades périlleuses… le momentum est roi. Étonnamment, alors que les vidéos me donnaient l’impression d’un personnage lourd et pataud, la réalité manette en main révèle une fluidité remarquable. Les animations parviennent à trouver cet équilibre rare entre réalisme physique et sensations arcade.
Concrètement, DON’T NOD a unifié les commandes : un seul bouton gère sauts, prises et rattrapages. Dans les phases d’action stressantes, cette simplification évite les erreurs de manipulation qui vous feraient plonger dans le vide (même si je me suis quand même débrouillée pour mourir bêtement…). Le grappin accompagne brillamment ces séquences grâce à une icône discrète mais efficace indiquant quand l’utiliser. Néanmoins, je garde une légère réserve : la démo s’appuie énormément sur l’escalade, et j’espère sincèrement que la version finale proposera davantage de variété dans les situations pour éviter toute lassitude.
Scanners et anomalies : les outils du futur
Aphelion équipe ses astronautes d’un arsenal technologique adapté. Le Pathfinder, sorte de scanner-balise, indique la direction générale à suivre. Franchement, dans une structure assez linéaire, je l’ai trouvé peu indispensable lors de ma session. Le level design reste relativement couloir, même si certaines zones s’ouvrent légèrement.
En revanche, le second scanner change complètement la donne. Celui-ci interagit directement avec les anomalies qui parsèment Perséphone, permettant de modifier l’environnement, d’ouvrir des passages secrets ou de résoudre des énigmes spatiales. C’est là que le potentiel systémique d’Aphelion se révèle vraiment : ces anomalies promettent des puzzles environnementaux sophistiqués et des surprises narratives. J’ai vraiment hâte de découvrir comment DON’T NOD exploitera ce mécanisme tout au long de l’aventure.
Deux héros, deux façons de survivre
La structure narrative d’Aphelion repose sur 11 chapitres alternant les perspectives d’Ariane et Thomas. Cette dualité ne se limite pas au récit : chaque protagoniste propose un gameplay distinct. Ariane incarne l’action pure, privilégiant la prise de risques, les séquences physiques et l’urgence de l’instant. Son parcours pulse d’adrénaline.
Thomas, blessé lors du crash, offre un contraste saisissant. Sa démarche laborieuse, ses mouvements entravés orientent naturellement son gameplay vers la réflexion. Puzzles, investigation, observation minutieuse : son approche plus cérébrale promet de casser intelligemment le rythme global. Bien que je n’aie pas pu jouer Thomas directement, cette alternance pourrait magnifiquement renforcer les enjeux émotionnels : Ariane cherchant désespérément son partenaire pendant que lui lutte pour survivre de son côté, créant une tension dramatique permanente.

Quand Aphelion bascule dans l’horreur cosmique
Puis arrive la Némésis. Cette entité alien surgissant des océans de Perséphone constitue l’unique véritable ennemie du jeu. Aveugle au sens classique, elle détecte sons, vibrations et mouvements. Autant le dire immédiatement : vous ne pourrez jamais la combattre. Ces passages reposent exclusivement sur infiltration et fuite calculée.
Ma première rencontre avec cette créature m’a glacé le sang. Visuellement impressionnante, elle excelle surtout au niveau sonore. Une fois les règles assimilées – éviter le bruit, observer ses rondes, analyser les angles morts – ces séquences deviennent gérables mais restent profondément tendues. Le parallèle avec Alien Isolation s’impose naturellement, même si Aphelion demeure une aventure narrative et non un survival horror pur. La boucle se cacher/progresser/échapper fonctionne remarquablement bien.
Une planète qui respire et menace
Le sound design mérite une mention spéciale. Perséphone semble littéralement vivante à travers sa bande-son. Le vent hurle dans les cavités, créant cette sensation palpable que chaque pas pourrait être le dernier. Les bruits d’ambiance combinés aux sons caractéristiques de la Némésis construisent une tension permanente exceptionnelle.
Cette attention au détail sonore s’inscrit parfaitement dans la volonté de DON’T NOD d’ancrer Aphelion dans une science-fiction crédible et terre-à-terre, loin de l’héroïsme spatial traditionnellement pompier. La collaboration avec l’ESA se ressent dans cette approche presque documentaire de l’hostilité spatiale. Perséphone n’est pas un décor : c’est un personnage organique et menaçant.
Ce qui m’a déjà conquise
Plusieurs éléments me rendent déjà enthousiaste. D’abord, cette fusion réussie entre l’ADN narratif de DON’T NOD et un gameplay spectaculaire digne d’Uncharted fonctionne magnifiquement. Ensuite, les sensations manette surpassent largement ce que suggéraient les vidéos promotionnelles.
La Némésis constitue une réussite technique et artistique indéniable, créant une menace crédible sans tomber dans les jumpscares faciles. Enfin, le potentiel du scanner d’anomalies laisse entrevoir des possibilités passionnantes en matière de puzzles et d’exploration non-linéaire.

Les questions qui persistent
Néanmoins, quelques interrogations demeurent légitimes. La démo repose massivement sur l’escalade : le jeu final parviendra-t-il à varier suffisamment les situations ? Les séquences d’infiltration, si mal dosées, risquent de basculer dans la frustration répétitive.
Également, le rôle exact de Thomas et la profondeur réelle des mécaniques de puzzle restent à confirmer, n’ayant pas pu les expérimenter directement. La réussite d’Aphelion dépendra largement de cet équilibre entre action spectaculaire et moments contemplatifs.
Cap sur Perséphone
Après cette prise en main, je suis globalement très positive. Aphelion représente exactement ce que DON’T NOD fait de mieux – narration émotionnelle et personnages attachants – tout en ajoutant une dimension spectaculaire et physique inédite pour le studio. Si vous appréciez les aventures narratives cinématographiques, la science-fiction à la Interstellar mâtinée d’Alien, et les expériences solo méticuleusement cadrées, surveillez absolument ce titre.
Rendez-vous au printemps 2026 pour découvrir si Perséphone tiendra toutes ses promesses glacées.


